Résumé de La crise de l’État-providence – Pierre Rosanvallon

Résumé de La crise de l’État-providence – Pierre Rosanvallon

Pierre Rosanvallon publie La crise de l’Etat-providence en 1981.

Dans cet ouvrage, l’auteur historien et sociologue se demande : « L’Etat-providence est malade de la crise. Combien de temps les choses pourront-t-elles continuer d’aller ainsi ?« .

Nous exposons ici en un court résumé les principales idées avancées par Rosanvallon, dont la réflexion continue d’influencer les sciences politiques.

Pour Pierre Rosanvallon, le mot État-providence a pris un nouveau que celui donné par Emile Ollivier et est devenu moins péjoratif.

Il commence par établir que l’État providence, en plus de la production de la sécurité et la réduction de l’incertitude, s’est attribué trois rôles :

  1. la redistribution des revenus
  2. la réglementation des relations sociales
  3. la prise en charge de services collectifs

Or, questionne Rosanvallon, « L’accroissement des impôts et des charges sociales ne risque t-il pas de mettre en péril la compétitivité des entreprises et de saper le dynamisme de l’économie ? »

3 facteurs expliquent la crise de l’Etat-providence

Ce n’est pas seulement une crise économique. Il n’y a pas « de véritable crise du financement de l’État-Providence ». C’est plutôt sur le plan social et culturel qu’il y a une crise : nous avons besoin « d’un nouveau contrat social entre les individus, les groupes et les classes. Le principal blocage de l’État-Providence est en effet d’ordre culturel et sociologique »

1. Perte de légitimité : si l’Etat doit satisfaire tous les besoins sociaux de chacun, alors cela n’en finit jamais : il y aura toujours plus à satisfaire.

De plus, « l’égalité » qu’il veut mettre en place est affaiblie par une multitude de raisons : la priorité de la sécurité sur l’égalité, le fait qu’il ne s’agisse pas d’un bouleversement social, mais d’une procédure progressive, le fait que ce ne sont plus une minorité mais la majorité des contribuables qui cotisent pour les autres, les clivages de plus en plus importants entre catégories sociales.

2. Le manque de visibilité et de transparence des actions de solidarité : la solidarité « ne peut s’exercer que si la morale sociale qu’elle traduit repose sur un minimum de visibilité des rapports sociaux ».

3. L’échec de Keynes : depuis les années 70, les politiques keynésiennes ne parviennent pas à sortir de la crise. L’augmentation des prélèvements obligatoires finissent par freiner le développement économique.

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Retour du libéralisme et critique de ce libéralisme

Dans les années 80, le libéralisme est de retour. Pour ces nouveaux libéraux, le marché est certes imparfait, mais il demeure meilleur que l’État.

À l’origine, le libéralisme ne légitimait qu’un seul type d’égalité : l’égalité de droits. Les inégalités économiques peuvent être justes, chacun doit être libre de travailler plus ou moins en fonction de ses désirs et ses besoins.

Mais pour Rosanvallon, ce libéralisme primaire est confus : il ne cerne pas bien les contours de l’Etat et ne sait répondre à la question : de quoi doit s’occuper l’Etat ?

De plus, il y a une « négation du social » dans le renouveau libéral qui est alors en cours. Celui-ci est « radicalement a-sociologique », puisque personne ne communique avec personne, l’individu étant seul et maître.

Enfin, il s’agit de « déborder le cadre de l’État-Providence ».

Rejeter les deux scénarios classiques…

Les deux voies présentées sont typiques de la division politique gauche – droite : d’un côté le scénario social-étatiste, de l’autre le scénario libéral.

Pour Rosanvallon, les deux sont à rejeter.

Le scénario social-étatiste parce qu’il « se heurterait à de graves difficultés financières dans la situation actuelle, mais surtout il serait confronté à une résistance sociologique diffuse difficilement surmontable. »

Le scénario libéral parce qu’il serait « un retour en arrière, une réduction de la distribution. C’est un scénario de régression sociale » et risquerait de provoquer des mouvements sociaux trop forts.

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… pour aboutir à la troisième voie d’une société solidaire

La troisième voie se trouve dans la « société solidaire« . Il est nécessaire de « transférer à des collectivités non publiques (associations, fondations, groupements divers) des tâches de service public : c’est la voie de l’autonomisation« .

À ces fins, les droits doivent être reconnus des « groupes de voisinage, réseaux d’entraide, structures de prise en charge d’un service collectif, etc.« , ils doivent être considérés comme de véritables sujets de droit.

La réduction du temps de travail participe à donner suffisamment de temps libre pour que l’entraide puisse éclore dans tous ces réseaux.

« Débureaucratiser et rationaliser la gestion des grands équipements et fonctions collectives » est une priorité.

Rosanvallon souhaite décentraliser au maximum ces services.

Plus généralement, il y a une dynamique trinaire à mettre en place d’urgence : « de la socialisation, de la décentralisation et de l’autonomisation ».

Cette dynamique a lieu également dans un « triple mouvement de réduction de la demande d’État, de réencastrement de la solidarité dans la société et de production d’une plus grande visibilité sociale ».

Enfin, Rosanvallon plaide en faveur d’une « post social-démocratie » qui se base sur le « compromis social », pour sortir de la crise de l’État-providence.

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