Correction : Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

Correction : Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

Définitions des termes du sujet

Le mot « devoirs », au pluriel, peut recevoir une définition assez large. Nous lui donnerons ici le sens d’ « Obligation qu’impose, dans une circonstance particulière, la morale, la loi, la bienséance, etc.« .

Le mot « reconnaître » dans ce contexte peut alors être présenté comme : « Admettre et proclamer le statut officiel, l’existence juridique de.« , ce qui donne au mot « devoirs » une connotation juridique.

La liberté quant à elle est le coeur même du sujet. On lui donnera en introduction deux sens, qu’il faudra clarifier dans le développement du devoir : « Pouvoir d’exercer sa volonté ou d’opérer des choix. » ou bien « État d’une personne qui peut agir et penser sans contrainte ».

Enjeu du sujet

La liberté est-ce d’après la seconde définition donnée le pouvoir d’agir et penser sans contrainte ? Dans ce cas, les devoirs s’y opposent, puisqu’ils semblent être des contraintes.

Mais la liberté n’est-elle pas plutôt le pouvoir d’exercer sa volonté et d’opérer des choix, ce qui ne peut se faire qu’en établissant des règles et des principes précis sur lesquels s’appuyer et éclairer la raison ?

On soulève ici une question qui servira pour notre troisième partie, car elle permettrait de sortir de l’alternative en forme d’impasse de la confrontation entre liberté et devoirs.

Plan et développement

I. Les devoirs sont une contrainte qui limitent la liberté individuelle

On peut établir un parallèle entre la liberté morale et la liberté physique, entendue en un sens restreint.

Tout comme un animal en cage, les devoirs (la cage) limitent les capacités et l’étendue (les libertés) d’action de l’animal.

On peut soutenir également que l’homme n’est pas seulement limité dans sa liberté, mais qu’il est 100% déterminé et qu’il n’y a aucune place pour la liberté. Ainsi Spinoza fait-il voir que le libre-arbitre n’est qu’une illusion.

II. La liberté collective se trouve néanmoins garantie grâce aux devoirs

Rousseau dans son Contrat social ne dit pas autre chose : c’est en donnant sa liberté qu’on la conserve. Poser et reconnaître des devoirs, c’est créer un contrat social, et chacun donnant de sa liberté, ne la donne finalement à personne.

Aristote estime en ce sens que l’animal politique qu’est l’homme ne devient citoyen que parce qu’il obéit et reconnaît des devoirs égaux à tous.

III. La liberté se fonde et est éclairée par la contrainte

Kant situe la liberté au fait d’agir conformément avec sa raison, et la raison universelle. Ce n’est en ce sens pas faire n’importe quoi n’importe quand, mais bien par les devoirs que nous donne à connaître notre conscience et surtout notre raison, faire le bien.

Les Stoïciens et Spinoza trouvent une issue au dilemme de reconnaître ses devoirs pour gagner en liberté dans l’idée que la véritable liberté se trouve dans la connaissance que l’on a de la nature des choses. Or cette nature des choses est faite de contraintes et de devoirs. La liberté est alors la connaissance de la nécessité, et donc de reconnaître ses devoirs.

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