Il n'y a pas de connaissance scientifique par la perception - Aristote

Dans les Seconds Analytiques (IVe siècle avant Jésus-Christ), regroupés au sein de l'Organon, Aristote montre la différence entre l'universel et la singuliarité, et par conséquent fait voir qu'il n'y a pas de connaissance scientifique par la perception.

Son raisonnement se concentre sur le fait que la perception relève du singulier, et jamais de l'universel.

 

Mais qu'est-ce que l'universel pour Aristote ?

"nous disons universel ce qui est toujours et partout." Aristote, Seconds Analytiques, IVe av. JC

 

Les démonstrations relèvent de l'universel. On ne peut pas les percevoir.

De toute façon, selon Aristote, même s'il était possible de percevoir tel fait scientifique, nous chercherions encore à en avoir une démonstration (qui est elle universelle).

 

La thèse d'Aristote est donc bien qu' 'Il n'y a pas de connaissance scientifique par la perception". Aristote, Seconds Analytiques, IVe av. JC

 

Son argument principal est résumé dans la phrase suivante, issue du même ouvrage : "la perception porte nécessairement sur une réalité singulière, tandis que la science consiste dans le fait de connaître l'universel." Aristote, Seconds Analytiques, IVe av. JC

 

 

L'amitié et la justice - Aristote


Selon le philosophe grec Aristote (384-322 av. JC), l'amitié doit s'ajouter à la justice. Et il n'y a pas besoin de justice lorsqu'il y a amitié.

 

"Lorsque les hommes sont amis, la justice n'est point nécessaire, mais quand ils sont justes, ils ont encore besoin de l'amitié." - Aristote

 

L'amitié serait donc une valeur supérieure, plus importante encore que la justice.

 

"D'ailleurs, si les citoyens pratiquaient entre eux l'amitié, ils n'auraient nullement besoin de la justice ; mais, même en les supposant justes, ils auraient encore besoin de l'amitié ; et la justice, en son point de perfection, paraît tenir de la nature de l'amitié." - Aristote

 

L'amitié pourrait donc supplanter la justice : s'il y a l'amitié, il y aura la justice. Autrement dit, la justice parfaite s'approche de l'amitié.

 

Aristote commence lui-même à comparer amitié et justice, toutes réserves gardées, en indiquant :

 

 L'amitié est une forme d'égalité comparable à la justice. Chacun rend à l'autre des bienfaits semblables à ceux qu'il a reçus. - Aristote

 

 

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La justice est-elle morale ou politique ?

La justice est-elle morale ou politique ?

Nous étudierons d'abord la justice politique (I), puis la justice morale (II).

Attention, ce plan est valable pour un cours. Il ne l'est pas pour une dissertation.

 

Vous trouverez des définitions de la justice, importantes pour savoir de quoi l'on parle, ici.

Une fiche sur la justice et des citations sur la justice sont également disponibles.

 

>> La justice politique

 

La justice entendue comme les institutions d'Etat chargées de trancher est politique.

John Locke (1632-1704) et Montesquieu théorisent la séparation des pouvoirs.

MontesquieuDans De l'Esprit des lois, XI, 4, Montesquieu déclare en particulier sur la justice :

« Il n'y a point encore de liberté, si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire ; car le juge serait législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d'un oppresseur. »

Il exprime clairement l'importe de la justice come pouvoir indépendant et limité par les contre-pouvoirs législatifs et exécutifs. Il s'agit alors d'une justice politique

Aristote affirmait lui aussi le caractère politique de la justice : « Or la vertu de justice est politique, car la justice introduit un ordre dans la communauté politique, et la justice démarque le juste de l’injuste ». (Les politiques, Livre I, chapitre 2)

 

>> La justice morale

 

La justice est aussi une vertu morale.

Platon qui distingue en effet quatre vertus principales : la sagesse, le courage, la tempérance et la justice. La justice est la plus importante et la plus difficile des quatre pour Platon. (La République, Livre IV)

Aristote établit un autre classement des vertus, au sommet duquel il pose lui aussi la justice. Il définit la vertu comme : « disposition à agir d’une façon délibérée consistant en un juste milieu relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l’homme prudent ». (Livre II, chapitre 6, de l'Ethique à Nicomaque)

Saint Ambroise (vers 340-397), catholique, fixe les quatre vertus cardinales : la tempérance, la prudence, la force et la justice, reprise jusqu'à aujourd'hui par l'église.

Saint Augustin

Saint Augustin approfondit et définit ces vertus « la justice, l'amour soumis au seul objet aimé, et par suite régnant sur tout le reste avec droiture ». La justice se comprend comme un amour, amour qui est amour de Dieu. « la justice, c'est l'amour ne servant que Dieu seul et par suite régissant avec droiture tout ce qui est soumis à l'homme ».

 

La vertu de la justice se définit encore comme l'aptitude à restituer chaque chose à la place qui lui convient, à distinguer le bien et le mal, et donc inclut le sens de la mesure : donner ni trop ni pas assez, juste ce qu'il faut.

 

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