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Sujet corrigé - "Dans un État démocratique, des ordres absurdes" - Spinoza, Traité théologico-politique

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 juin 2015

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

"Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d'une grande assemblée se mette d'accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n'est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l'appétit et à les maintenir, autant qu'il est possible, dans les limites de la raison, pour qu'ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l'édifice s'écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d'y pourvoir; aux sujets, il appartient d'exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit.
Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n'est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison."

SPINOZA, Traité théologico-politique (1670)

 

>> Contexte de cet extrait du Traité théologico-politique de Baruch Spinoza

 

L'auteur Baruch Spinoza

Spinoza est né à Amsterdam en 1632. Si la connaissance de sa biographie n'est pas indispensable pour comprendre cet extrait, elle pouvait vous aider beaucoup en l'occurrence. Il faut savoir que ses œuvres ne sont pas parues de son vivant sous son nom, hormis une seule en réaction à la philosophie de Descartes. Spinoza n'aura eu de cesse en effet de préserver sa liberté de penser contre les insultes et les attaques qu'il a subies au cours de sa vie, notamment après son excommunication de la communauté juive. Le Traité théologico-politique cristallise beaucoup de ces attaques, si bien qu'être qualifié de "spinoziste" devient une insulte.

 

Contexte

Le Traité théologico-politique paraît anonymement en 1670, juste avant que Louis XIV n'attaque les Provinces-Unies, provoquant la prise de pouvoir du parti de Guillaume d'orange et que les frères De Witt soient assassinés, ce qui fait craindre le retour de la censure pour motifs religieux.

 

>> Explication de l'extrait

 

Relevons les idées principales de cet extrait du Traité théologico-politique :

 

Spinoza commence par justifier à partir de deux arguments le bienfondé de l'Etat démocratique contre l'autoritaire. Le premier est le suivant :

Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d'une grande assemblée se mette d'accord sur une seule et même absurdité.

Le nombre de citoyens permet de diminuer les risques de se tromper unanimement de manière grotesque.

 

Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n'est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l'appétit et à les maintenir, autant qu'il est possible, dans les limites de la raison, pour qu'ils vivent dans la concorde et dans la paix.

2e argument, l'Etat démocratique permet de se préserver contre l'autoritaire grâce à la fonction même de l'Etat démocratique, qui est de vouloir le bien des sujets. La raison s'oppose ici à l'appétit, qui serait dérégulé et non maîtrisé.

 

Ôté ce fondement, tout l'édifice s'écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d'y pourvoir; aux sujets, il appartient d'exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit.

Attention, l'écueil ici était de se méprendre sur ce qu'est le souverain : Spinoza n'entend pas par souverain un individu, un monarque, qui aurait tous les pouvoirs. Pour Spinoza, le souverain peut être une personne dans le sens d'une collectivité : c'est par le contrat social, et donc par l'adhésion de tous, que se constitue le souverain.


Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l'esclave est celui qui agit par commandement et l'homme libre celui qui agit selon son caprice.

Spinoza prend en quelques sortes les devants en écartant immédiatement une mauvaise conclusion qui pourrait être tirée de ce qu'il vient de dire. Cette conclusion tirée à tort, la voici : du simple fait que l'homme obéisse, il serait esclave. C'est une mauvaise déduction que Spinoza va réfuter.

 

Cela cependant n'est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison.

Spinoza propose une nouvelle définition de la liberté, plus juste : la liberté, ce n'est pas faire tout ce que l'on souhaite, mais c'est se guider par sa raison. Au contraire, est esclave non pas celui qui obéit, mais celui qui n'agit pas par sa raison, c'est-à-dire qui vit selon ses caprises, ses souhaits et ses passions sans les réguler par la raison. Grâce à ces explications de ce qu'est la liberté, Spinoza peut justifier l'idée d'un contrat social, dont découlerait le souverain, et qui commanderait aux hommes. Pour autant, la raison aboutit à concevoir un Etat démocratique, qui demeure une garantie contre l'arbitraire.

 

Donnez vos avis, vos plans, dans les commentaires ci-dessous. Et n'hésitez pas à consulter les autres sujets/corrigés :

-> Sujets en philosophie du bac 2015

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : Etat, démocratie, ordre, absurde, spinoza, traité, théologico-politique, bac, 2015, correction, corrigés, extrait, 2015, philosophie - Aucun commentaire


Connaître son Classement aux IEP communs

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 28 juin 2013

Une fois les résultats aux IEP donnés, comment connaître son classement ? Pour connaître son classement aux IEP communs, il existe 2x2 cas :


-> En 2014 : vous êtes sur liste d'attente ? Quelles sont vos chances

>> Connaître son classement lorsque l'on a pas été admis


Liste d'attente
Le temps des listes d'attente...

- Vous n'avez pas été admis. Pour connaître votre classement, il vous faut juste le lire en dessous de vos notes en accédant à votre dossier sur le site cc.iep.fr.

- Liste d'attente :

En 2012, les chiffres pour la liste d'attente étaient les suivants :

La moyenne du 1er sur la liste complémentaire du concours commun : 12.28/20
La moyenne du dernier sur la liste complémentaire du concours commun : 11.19/20

En 2013, ces notes seront inférieures.

Le 1er admis sur liste complémentaire aura une note inférieure à 12 : 11,XX.
La moyenne du dernier sur la liste complémentaire pourra donc arriver à une note en-dessous de 11.


>> Connaître son classement lorsque l'on a été admis


- Vous avez été admis et êtes en liste d'attente. Le site des IEP vous réserve une surprise (voir image ci-dessous) aujourd'hui car il a été mis à jour pour que vous puissiez connaître votre classement pour chaque ville. Vous saurez ainsi combientième dans la liste d'attente vous êtes pour avoir votre choix au-dessus.


- Vous avez été admis mais n'êtes pas en liste d'attente. Le site des IEP ne propose pas de solution claire pour connaître votre classement. C'est moins grave, car vous n'avez pas de nécessité pour le savoir : si vous êtes admis à votre 1er choix, vous n'attendez pas d'autre ville. Il existe quand même des moyens pour connaître à peu près son classement, c'est en comparant avec les chiffres de l'année dernière.


Avant de lire ces statistiques, il est important de noter que pour l'édition 2013, les notes seront inférieures au concours de 2012. Pour donner un exemple, la moyenne du dernier admis au concours 2013 est inférieure à 12.


En 2012 au concours commun les statistiques étaient les suivantes :

La moyenne du 1er admis au concours commun : 17.21/20
La moyenne du dernier admis au concours : 12.29/20

Le 1er quart de candidats admis : entre 13.95 et 17.21
Le deuxième quart de candidats admis : entre 13.18 et 13.95
Le troisième quart de candidats admis : entre 12.64 et 13.18
Le dernier quart de candidats admis : entre 12.29 et 12.64


classement chaque IEP
Le classement pour chaque IEP
L'ordre est indiqué de 1 à 6 dans la seconde ligne du tableau.
Votre classement sur liste d'attente est indiqué en rouge dans la troisième ligne
Votre affectation provisoire, c'est-à-dire en attente d'un meilleur choix, est indiquée par un cadre blanc

Classé dans : IEP Régions - Mots clés : connaître, classement, IEP, concours commun, Sciences Po, national, ordre, liste, attente, préférence, choix, ordre, admission, admissibilité, villes - 8 commentaires