105 livres à lire avant de mourir 4/5

Avant de lire cette liste, assurez-vous d’avoir bien vu :

Maintenant, place aux ouvrages écrits entre 1938 et 1980 qui méritent leur place dans notre sélection des livres que toute personne doit avoir lus dans sa vie.

  1. Kressmann Taylor – Inconnu à cette adresse – 1938 : roman épistolaire, il se situe au moment de la seconde Guerre mondiale. Si vous pouvez vous ennuyer en le parcourant, la fin est tellement exceptionnelle qu’elle mérite la lecture. Vous serez époustouflés par ce revirement de situation, et vous ne regretterez pas d’avoir ouvert ce livre. En plus, il se lit assez rapidement puisqu’il est plutôt court.
  2. Jean-Paul Sartre – La Nausée – 1938 : roman philosophique, qui a valu à Sartre sa célébrité. A la base, il se veut purement philosophique ; mais progressivement, Sartre a changé d’idée et l’a voulu comme roman. Existentialisme et histoire transpercent cet ouvrage.
  3. John Steinbeck – Les Raisins de la colère – 1939 : prix Pulitzer en 1940, Steinbeck dépeint avec une force incroyable la Grande Dépression. Un film en a été tiré, qui a gagné deux oscars.
  4. Agatha Christie – And Then There Were None – 1939 : les Dix petits nègres est un prodige du roman policier. Il incarne véritablement le mot suspens. Vous serez scotché à votre livre tant vous aurez envie de connaître la fin, qui d’ailleurs est l’occasion d’un dénouement extrêmement bien trouvé. Agatha Christie maîtrise l’art du roman policier comme personne. Vous connaissez sans doute l’histoire : dix personnages sont tués un à un sur une île. Qui restera-t-il, qui est le meurtrier ? Le poème qui suit le récit et qui prophétise la mort de chacun semble inéluctable. Arriveront-ils à en sortir ? C’est-à-dire, arriveront-ils tout simplement à s’en sortir ?
  5. Albert Camus – L’Étranger – 1942 : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » Le style d’Albert Camus est très simple, sans aucune fioriture, et donc efficace. Sur le fond, c’est la philosophie d’Albert Camus qui est en jeu : la philosophie de l’absurde. L’Etranger se lit assez rapidement et a été classé à la 1re place du classement français établi en 1999 des 100 meilleurs livres du XXe siècle.
  6. Antoine de Saint-Exupéry – Le Petit Prince – 1943 : Vous pouvez lire cette œuvre à tout âge, peu importe votre niveau de maturité. Car il y a plusieurs lectures à ce conte, et un fond philosophique très fort. Le Petit Prince est un des livres les plus traduits dans le monde. C’est bien simple, presque tous les pays de la planète en sont tombés amoureux. Alors lisez-le avec votre cœur, et la réflexion viendra spontanément. L’humanisme du Petit Prince vous touchera nécessairement.
  7. Albert Camus – La Peste – 1947 : un rat mort, puis plusieurs rats morts, puis de nombreux rats morts. Et bientôt, des êtres humains. La peste est un fléau, qui frappe en l’occurrence l’Algérie française. Vous pouvez y lire également sous un angle historique cette maladie comme la peste brune, qui représente l’avancée des nazis : «La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme» dit Camus.
  8. Primo Levi – Si c’est un homme – 1947 : il faut avoir le cœur fort pour arriver au bout de cet ouvrage. Il raconte en effet la survie de Primo Levi dans un camp d’extermination lors de la Seconde Guerre mondiale. Les conditions sont tellement atroces, le mal est si puissant, qu’on ne sort pas indemne de cette lecture. D’autant qu’il s’agit d’une autobiographie, et à ce titre est encore plus réaliste, pour le meilleur et surtout pour le pire. Le devoir de mémoire est une évidence, il l’est encore plus après avoir lu un tel ouvrage. Plus jamais ça. Jamais.
  9. George Orwell – Nineteen Eighty-Four – 1949 : Ce livre, intitulé 1984, est une des meilleures œuvres de science fiction qui ait jamais vu le jour. Il est si pertinent et visionnaire que vous rougirez à sa lecture, tant la fiction semble rejoindre votre réalité. La formule clé, «Big Brother is watching you», annonce le thème : un système totalitaire, où tout est contrôlé jusqu’à l’extrême.
  10. Simone de Beauvoir – Le Deuxième Sexe – 1949 : Quand existentialisme et phénoménologie se mêle au féminisme. Tout le monde est responsable : les femmes, comme les hommes. L’ouvrage s’est répandu dans le monde comme une étoile féministe. Traduit dans de nombreuses langues, les millions de lecteurs du Deuxième sexe n’ont pas été déçus par la culture encyclopédique de l’auteur.
  11. C. S. Lewis – The Lion, the Witch and the Wardrobe – 1950 : une plongée dans l’univers fantastique de Lewis, qui prend pour cadre général le monde de Narnia. Mais nous vous conseillons la lecture de ce deuxième opus, qui est le plus représentatif et le plus brillant de la saga. Certains y voient des références christiques. C’est que le lion de Narnia ressemble à s’y méprendre au message de salut du Christ. Mais l’imagination de Lewis est encore plus large que cela, et vous serez emportés dans ce savant mélange de culture légendaire.
  12. Journal – Anne Frank – 1950 : On ne présente plus le journal d’Anne Frank. Jeune fille juive cachée à Amsterdam, et qui connaîtra un destin tragique, puisqu’elle mourra de maladie dans un camp de concentration. La force émotionnelle de ce journal intime, réside dans son essence autobiographique, tristement autobiographique. Vous pourrez compléter la lecture de ce livre en visitant la maison-musée qui lui est dévolue à Amsterdam.
  13. J. D. Salinger – The Catcher in the Rye – 1951 : L’Attrape-cœurs s’est vendu plus de 60 millions de foi. C’est un hit. Critiqué pour ses thèmes, qui incluent la prostitution, la sexualité, l’école, et pour son style, trop familier, il n’en reste pas moins un incontournable. En plus, il a quelque chose de drôle, par cette liberté de ton de l’auteur.
  14. Ernest Hemingway – Le Vieil Homme et la Mer – 1952 : Hemingway a connu tragédie sur tragédie tout au long de sa vie. Ses œuvres sont restées célèbres, et parmi elles, le Vieil Homme et la Mer. Le sujet est simple : c’est le combat d’un homme contre un marlin, ou plus philosophique, de l’humanité contre la nature. Le roman est très court, et il se lit par conséquent rapidement, si bien qu’on hésiterait à l’appeler une nouvelle.
  15. Eugène Ionesco – La Cantatrice chauve – 1952 : l’absurdité est le mot qui caractériserait le mieux cette pièce de Ionesco. Il n’y a qu’à voir comment Ionesco a eu l’idée de cette pièce : il était fasciné par l’enchaînement illogique de phrases de la méthode d’apprentissage Assimil en anglais. Préparez-vous à ne pas tout comprendre, mais à aimer curieusement cette pièce.
  16. En attendant Godot – Samuel Beckett – 1952 : Vladimir et Estragon vont vous transporter dans l’absurdité, qui est encore une fois le maître mot de cette pièce de théâtre. Ils attendent Godot. Mais qui est Godot ? On ne le sait pas, et peut-être ne le saurons-nous jamais. Pour tromper l’ennui, les deux compères trouvent toutes sortes de divertissement. Mais il reste qu’ils attendent Gaudot.
  17. J. R. R. Tolkien – The Lord of the rings – 1954-1955 : épique, fantastique, extraordinaire… Tout le monde connaît cette série de Tolkien, qui a donné lieu à des films qui ont marqué l’histoire du cinéma. Les thèmes philosophiques, outre l’histoire que l’on peut prendre au premier degré, sont très nombreux. C’est pourquoi la série a été tant commentée. Tolkien le décrit comme un conte pour adulte. C’est bien ce qu’il est. La fantasy y atteint un sommet.
  18. Claude Lévi-Strauss – Tristes Tropiques – 1955 : l’ethnologie est une discipline trop ignorée, et qui vous fascinera dès que vous ouvrirez ce livre de Lévi-Strauss. Celui-ci compile ses souvenirs et ses pensées issues de ses voyages, et pourtant il affirme : « Je hais les voyages et les explorateurs ». Il interroge en effet plutôt sur la civilisation.
  19. René Goscinny et Albert Uderzo – Astérix le Gaulois – 1959 : seule bande dessinée de cette liste des livres à lire avant de mourir, Astérix a été sélectionné parce qu’il symbolise l’art de la BD porté à son excellence. Truffée de références, l’œuvre se sert d’une intrigue simple : un village de Gaulois qui résiste aux Romains, pour raconter avec humour la vie humaine. C’est la bande dessinée européenne la plus vendue dans le monde.
  20. Raymond Queneau – Zazie dans le métro – 1959 : Zazie découvre Paris. Elle a un objectif : voir le métro. Y arrivera-t-elle ? Les thèmes : l’identité, la vérité, l’homosexualité, le travail, l’amitié, le tourisme…
  21. Harper Lee – To Kill a Mockingbird – 1960 : le livre a pour décor la ségrégation en Amérique sudiste. On peut le rapprocher d’un thriller, mais il est surtout un roman d’apprentissage. Il a donné lieu à une adaptation au cinéma qui a eu un énorme succès, comme le livre.
  22. Gabriel García Márquez – Cien años de soledad (Cent ans de solitude) – 1967 : il s’agit de l’histoire de la famille Buendía, qui doit vivre selon la prophétie cent ans de solitude. Ils connaîtront les guerres, le succès, la chute. Le livre a été traduit dans 35 langues. Les thèmes sont la solitude, comme le titre l’indique, mais aussi la frontière entre fiction et réalité, l’inceste.
  23. Albert Cohen – Belle du Seigneur – 1968 : « chef-d’œuvre absolu » d’après Joseph Kessel, il est question de l’histoire d’amour morbide entre Ariane et Solal. Sur le plan politique, la Société des Nations est vigoureusement critiquée, mais avec humour.
  24. Alexandre Soljenitsyne – L’Archipel du Goulag – 1974 : 227 témoignages de prisonniers ont composé ce livre. Nous sommes bien dans l’Union soviétique, et son système de travail forcé. « Ce livre ne contient ni personnages ni événements inventés. Hommes et lieux y sont désignés sous leurs vrais noms. » d’après les propres mots de l’auteur. Il faut le lire pour comprendre l’atrocité de ce système, au sein duquel on trouve les tribunaux expéditifs, l’arbitraire, la mort.
  25. Umberto Eco – Le Nom de la rose – 1980 : un film célèbre est sorti de ce livre. C’est un roman policier médiéval. Tout commence par un suicide, dont on se demande rapidement s’il s’agit vraiment d’un suicide ? Le décor est celui d’une abbaye. Dans cette abbaye, un lieu secret : la bibliothèque. Ce lieu représente le savoir, l’ouverture au monde, la lutte contre l’obscurantisme.

Les livres les plus importants à lire avant de mourir 5/5

4 réflexions sur « 105 livres à lire avant de mourir 4/5 »

  1. Merci pour cette liste qui est passionnante.
    Quelques titres que j’aurais ajouté :
    -Arthur Rimbaud – Une saison en enfer – 1873 ( la force de la prose de Rimbaud, le désespoir absolu);
    -Antoine de Saint Exupéry – Terre des Hommes – 1939
    -Ernesto Sabato – Héros et tombes – ( original : Sobre heroes y tumbas / en espagnol – 1961 ) un roman sur le sens de la vie, sur la solitude, et étrangement dominé par une société toute puissante – celle des aveugles- qui domine le monde ( complotisme) . Camus admirait beaucoup cette œuvre.
    -Michel Tournier – Les limbes du Pacifique – 1967 Gallimard
    -Jean Raspail – le camp de saints – 1973 ( roman prémonitoire sur le problème de l’immigration en Europe)

    1. Bonjour Géraldine,

      Merci beaucoup pour ces recommandations qui sont très pertinentes. Votre commentaire aidera les autres lecteurs à trouver de nouveaux ouvrages, alors merci encore !

      Bonne journée,
      L’équipe Intégrer Sciences Po

      1. Bonjour,
        je me permets de vous soumettre quelques références pour équilibrer, un peu, la balance autrices-auteurs dans cette liste. Je suis certaines que certains hommes dans votre liste peuvent laisser leur place pour quelques autrices supplémentaires. Même si l’histoire a cruellement empêché les femmes d’écrire, elles ont surmonté les difficultés à toutes les époques et l’illustrer me semble indispensable. Certaines œuvres écrites par des femmes n’ont pas disparu de nos radars parce qu’elles étaient médiocres, mais parce qu’elles ont été moins rééditées, moins enseignées, moins commentées… tout simplement par ce qu’elles étaient écrites par des femmes.

        Alors je vous pose une question : Parmi les œuvres qui nous semblent aujourd’hui essentielles pour comprendre la société, la politique, les rapports de pouvoir, les idées et l’histoire, est-il crédible que seules 4 ou 5 aient été écrites par des femmes ? Personnellement, je ne crois pas

        Alors voici des pistes :
        – Les Origines du totalitarisme (1951), Hannah Arendt. Après les catastrophes du nazisme et du stalinisme, Hannah Arendt cherche à comprendre comment ont pu naître des régimes capables de soumettre des sociétés entières à la terreur. Son ouvrage analyse les mécanismes du totalitarisme, la propagande, l’isolement des individus, l’antisémitisme et l’effondrement des institutions démocratiques. Une lecture incontournable pour réfléchir aux dangers qui menacent les sociétés modernes.
        – them (1969),Joyce Carol Oates, romancière américaine incontournable. L’histoire suit une famille pauvre de Detroit et traverse notamment les émeutes raciales de Detroit de 1967, l’une des plus violentes de l’histoire américaine. L’autrice y met en lumière les mécanismes qui conduisent à cette violence.
        – ma vie sur la route (2015), Gloria Steinem, activité féministe américaine. Une biographie indispensable pour comprendre les différences culturelles et historiques entre féminisime européen et américain. loria Steinem, aujourd’hui âgée de 83 ans, est une icône féministe américaine, inscrite au Women’s National Hall of Fame. Journaliste, écrivain, elle a fondé le magazine féministe Ms. et, avec Jane Fonda et Robin Morgan, le Women’s Media Center, une organisation qui se bat pour rendre les femmes plus présentes et plus visibles dans les médias.
        – A l’ombre des arbres (19e siècle), George Sand. Les romans mais aussi les agendas et la correspondance de George Sand témoignent d`une relation sensible à l`ensemble du vivant. Parmi ces manifestations d`une sensibilité et d`un imaginaire particulièrement attachés aux arbres et à la forêt figurent plusieurs articles publiés dans la presse du temps. Le présent ouvrage propose un aperçu de cette part moins connue de l`oeuvre sandienne. Entre souvenirs de voyage, contes, apologues, dialogues philosophiques et prises de position publiques, George Sand affirme plus qu`un goût : un savoir sur la nature doublé d`une véritable pensée de la nature.
        – Le retour du soldat (1918), Rebecca West. Quand Chris Boldry revient de la guerre de 1914, il retrouve les trois femmes qui l’aiment. Mais l’homme a perdu la mémoire et a oublié sa femme. Il entend poursuivre son amour avec la maitresse de sa jeunesse. Un roman sur les conséquences de la guerre, la mémoire.
        – Vendetta (1890), Marie Corelli. 1884. Alors qu’une épidémie de choléra frappe Naples, le comte Fabio Romani est déclaré mort et placé à la hâte dans le caveau familial. Par miracle, le jeune homme survit à la maladie et se réveille dans son cercueil. En s’extrayant du tombeau, il découvre un trésor inestimable, mais aussi que sa femme et son meilleur ami le trompent. La vengeance commence. Derrière se roman faussement gothique et populaire, Marie Corelli dissimule habillement une critique ouverte de la société dans laquelle elle évolue et des relations de pouvoirs dont les femmes sont victimes.
        – Les infortunes d’Alice (1959), Barbara Comyns. A Londres, au début du siècle 19e sicèke, Alice Rowlands a dix-sept ans quand elle voit mourir sa mère, petite souris terrorisée par son mari le vétérinaire. Le docteur Rowlands, homme brutal et déçu, accable sa fille de tâches ingrates auprès des animaux malades qu’il héberge. Mais Alice a déjà pris l’habitude de planer… au sens propre comme au figuré. Que devient-on quand on est « anormal » dans une société qui ne vous laisse aucune place pour être vous-même ?
        – la femme de marbre (1865), Louisa May Alcott. Bazil Yorke, un sculpteur misanthrope, se voit imposer la tutelle de Cecil, la fille d’une lointaine amie. Tout dévolu à son art, il se donne alors pour objectif de modeler la fillette à l’image de ses statues. Cecil, être de chair et de sang, doit devenir une déesse de marbre, belle, froide et insensible. Paru en épisode dans la presse, l’autrice des 4 filles du docteur march, fait elle aussi, une critique glaçante des relations d’emprise sans en avoir l’air. Une analyse psychologique précise et frappante des mécanismes mis en place.
        – l’évènement (1999), Anie Ernaux. L’occasion d’un banal examen dans un cabinet médical replonge la narratrice plus de trente ans en arrière, en janvier 1964, au moment de son avortement clandestin. Si le souvenir apparaît lointain, l’événement n’en est pas moins indélébile.
        – L’odyssée de Pénélope (2005), Marguaret Atwood. Dans cette relecture originale du mythe grec que nous propose Margaret Atwood, Pénélope, hantée par la mort de ses servantes, raconte depuis les Enfers sa propre version de l’histoire, celle d’une femme, d’une épouse, d’une mère et surtout d’une reine bien plus lucide et plus forte que ce que les hommes ont voulu croire jusqu’à aujourd’hui.
        – Herland (1915), Charlotte Perkins Gillman. Trois Américains, intrigués par des légendes locales, découvrent sur une haute montagne un petit pays mystérieux et, à leur grand étonnement, seulement peuplé de femmes. Ils sont les premiers mâles à visiter Herland en près de deux mille ans. Herland est l’une des utopies féministes les plus réussies jamais écrites. Paru en 1915, ce roman de la sociologue Charlotte Perkins Gilman, l’auteure de La Séquestrée, rencontra un grand succès en son temps avant d’être oublié pendant plusieurs dizaines d’années.
        – l’auberge de la Jamaïque (1935), Daphné du Maurier. Orpheline et pauvre, Mary Yellan n’a pas d’autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l’Atlantique. Dès son arrivée à l’Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères.
        – Beignets de tomates vertes (1987), Fanny Flagg. Au sud de l’Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d’une voie ferrée …
        Ninny, fringante octogénaire, se souvient et raconte à Evelyn, une femme au foyer à l’existence monotone, les incroyables histoires de la petite ville de Whistle Stop. Grâce à l’adorable vieille dame, Evelyn, qui vit très mal l’approche de la cinquantaine, va peu à peu s’affirmer et reprendre goût à la vie. Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d’humour.
        – Voyage d’une parisienne à Lhassa : A pied et en mendiant de la Chine à l’Inde à travers le Tibet (1927), Alexandra David-Neel. 1924. Pour la première fois, une femme étrangère réussit à entrer dans Lhassa, capitale interdite du Tibet! Huit mois auront été nécessaires à Alexandra David-Néel pour relever ce défi extraordinaire ! Huit mois d’un long périple à travers les immenses solitudes du « pays des Neiges ». Huit mois d’une vie rude et dangereuse sous l’apparence d’une mendiante tibétaine!
        – Vers le soleil persan (1887), Jane Dieulafoy.Une Française audacieuse en pantalon raconte les fouilles archéologiques qu`elle mène en Perse, à l`aube du XXe siècle. Faisant fi des conventions du XIXe siècle, l’impétueuse Jane Dieulafoy décide de se lancer dans une carrière d’archéologue et de photographe. Accompagnée de son mari, elle arpente la Perse à cheval et à pied sur des milliers de kilomètres. L’aventure n’est pas sans risque ; Jane porte le pantalon afin de passer inaperçue dans ce monde exclusivement masculin.Cet ouvrage reprend la totalité des journaux rédigés à l’époque par cette femme d’exception, et se fait récit de ses découvertes.
        – Femme, réveille-toi !(1788) Olympe de Gouges, «Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes! femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles?» Un ton résolument frondeur, une langue énergique, un propos engagé, par l’une des grandes voix féminines de la Révolution française.
        – Le temps retrouvé (1856), Ida Pfeiffer. Voyageuse et exploratrice autrichienne. Née Ida Laura Reyer à Vienne le 14 octobre 1797 et décédée dans cette même ville, le 27 octobre 1858. Aspirant depuis sa plus tendre enfance à l’aventure, et partageant les jeux de ses frères, la jeune Ida se forge une personnalité résistante et intrépide, au cours d’une enfance semée d’embûches. Sa mère la contraint à se plier aux codes féminins que la jeune fille exècre, et l’oblige à porter des robes et à prendre des leçons de piano. Lorsqu’Ida a treize ans, Frau Anna Reyer engage un précepteur, Joseph Franz Emil Trimmel. Le jeune homme, de onze ans son aîné, est fasciné par cette jeune fille révoltée et impétueuse, et l’oriente vers la littérature de voyages afin de canaliser ses ardeurs et d’apaiser son âme tourmentée.
        – l10 jours dans un asile (1887), Nelly Bly. Engagée en 1887 au journal New York World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly se voit confier une mission pour le moins singulière : se faire passer pour folle et intégrer un asile, le Blackwell’s Island Hopital à New York. Intrépide, courageuse et soucieuse de dénoncer les conditions de vie des laissées-pour-compte, elle accepte le défi et endosse le rôle. Elles reste dix jours dans l’établissement et en tire un brûlot.
        – Orlando (1928), Virginia Woolf. En mars 1927, Virginia Woolf en train de corriger les épreuves de La Promenade au phare, dans l’épuisement où la laisse l’achèvement de chacun de ses grands romans, note dans son journal l’idée d’un nouveau livre : elle pense à un « temps télescopé comme une sorte de chenal lumineux à travers lequel mon héroïne devrait avoir la liberté de se mouvoir à volonté ». Elle ajoute que la veine satirique y sera dominante : ce sera un roman à la Daniel Defoe, où elle se moquera de son propre lyrisme. Ce sera Orlando, la biographie imaginaire d’un personnage dont nombre de traits sont empruntés à Vita Sackville-West (à laquelle elle est liée depuis plus d’un an) et qui, alternativement homme et femme, traverse plusieurs siècles de l’histoire de l’Angleterre et qui souhaite obtenir la gloire, non par ses actes, mais par ses écrits.
        – Frankenstein (1818), Mary Shelley. ille de la philosophe Mary Wollstonecraft, de l’écrivain William Godwin et épouse dès 1816 de l’écrivain Percy Bysshe Shelley, elle baigne dans un milieu favorable au développement de son talent littéraire. Elle fréquente avec son mari Lord Byron et voyage en Suisse et en Italie. À peine agée de 18 ans, l’autrice écrit « Frankenstein ou le Prométhée moderne », qui inspirera le genre de la science fiction. Elle y revisite le mythe du démiurge à travers le récit d’un scientifique ayant créé une créature monstrueuse et inadaptée.
        – Mes saisons en enfer : cinq voyages cauchemardesques (1978), Martha Gelhorn. ‘illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhom (1908-1998) est l’auteur de nombreux récits, nouvelles, novellas et romans. Dans Mes saisons en enfer, elle nous raconte, avec une grande liberté de ton, ses périples les plus éprouvants : la Chine de Tchang Kaï-chek – en compagnie de son mari d’alors, Ernest Hemingway qu’elle surnomme le Compagnon réticent, – la mer des Caraïbes où elle se lance à la poursuite des U-Boots nazis, le continent africain qu’elle traverse d’ouest en est, la Russie soviétique où elle rend visite à la veuve du poète Ossip Mandelstam, et enfin Israël, qui lui inspire une réflexion pleine d’humour sur l’ennui comme moteur au voyage.
        – Vaincue par la brousse (1949), Doris Lessing. Rhodésie, fin des années 1940. Mary, une jeune citadine blanche et indépendante, épouse sans désir Dick, un petit fermier. Dans cette vie rurale du veld, tout lui déplaît : l’isolement, la chaleur accablante, les tâches de la ferme, les Noirs qui travaillent pour eux. Jusqu’au jour où arrive Moïse, un domestique noir avec qui débute une relation complexe et perverse de domination, marquée par un mélange d’attirance et de répulsion. Un roman qui explore les ravages du colonianisme et du racisme, les jeux de povuoir dans un couple mais également entre colons et colonisés.
        – poèmes (16e siècle, Louise Labbé. Louise Labé (1524-1566), surnommée la Belle Cordière, est une poète française de la Renaissance, considérée comme l’une des plus grandes autrices du XVIe siècle et l’une des principales figures de l’École Lyonnaise.
        – Seules dans le grand nord (le cadeau du froid) (1993), Velma Vallis. Velma May Wallis est une écrivaine américaine d’origine indienne Gwich’in. Elle redonne vie aux contes traditionnels de son enfance, transmis de génération en génération dans sa famille.
        Longtemps avant l’arrivée des Européens, dans la haute vallée du Yukon, par un terrible hiver de famine, une petite tribu se résout à abandonner deux vieilles femmes. Considérées comme des bouches inutiles, elles sont laissées livrées à elles-mêmes. Mais plutôt que d’attendre la mort, les deux femmes décident de survivre. Elles se trouvent un abri et chassent pour se nourrir.

        – Défense des droits de la femme (1792), Mary Wollstonecraft. Texte fondateur du féminisme moderne, cet essai répond aux penseurs des Lumières qui défendaient l’égalité tout en excluant les femmes. Mary Wollstonecraft y affirme que les femmes ne sont pas naturellement inférieures aux hommes mais privées d’éducation et d’autonomie. Une réflexion majeure sur les droits, la citoyenneté et l’accès au savoir, toujours discutée plus de deux siècles après sa publication.

        1. Merci pour cette excellente contribution Laetitia ! Cela participe au rééquilibrage dont vous avez raison de dire qu’il est plus que désirable. En outre, les descriptifs dans la liste sont passionnants. Nous sommes sûrs qu’ils donneront envie à beaucoup de lecteurs d’explorer ces ouvrages. Merci encore.
          L’équipe Intégrer Sciences Po

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