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Benoît XVI : résumé des controverses et de l'actualité

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 février 2013

Ce dossier consacré à Benoît XVI et à sa démission reviendra notamment sur le caractère historique de cette démission. Puis sur son parcours et les controverses qui y sont liées : démêler le vrai du faux quant aux jeunesses hitlériennes, à ses propos sur le préservatif, et à sa santé. Enfin, un retour sur les écrits de Benoît XVI, ses encycliques, le verbatim de sa démission, ainsi qu'une courte biographie du 265e Pape de l'histoire.

>> La démission du Pape Benoît XVI

Benoît XVI a renoncé, après huit ans de siège, à la fonction papale à la mi-journée du 11 février 2013.

Il déclare notamment en latin : "bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d'évêque de Rome, successeur de saint Pierre, qui m'a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l'élection du nouveau Souverain pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire."

>> Les démissions de Pape historiques

Quelques papes au cours de l'histoire avaient démissioné avant Benoît XVI. En effet le Pape n'a de supérieur que Dieu, et le droit canonique ne définit pas de contrainte, ni temporelle ni géographique.

Auraient ainsi démissionné :

  • Pontien en 235
  • Benoît IX en 1045 : il fut pape trois fois
  • Grégoire VI : il a acheté la charge pontificale de son filleul Benoît IX. Accusé de simonie (acheter des biens spirituels), il est contraint à la démission.
  • Célestin V : il confirme par un décret la possibilité pour le pape de démissioner. Il désire se retirer conscient de son manque d'expérience politique.
  • Grégoire XII en 1415 pour résoudre le conflit qui opposent trois prétendants à la papauté, lors du Grand schisme d'Occident.
  • L'abdication du duc Amédée VIII (qui prend le nom de Félix V) fait de lui le dernier antipape du Grand schisme d'Occident.
  • Benoît XVI en 2013 le 28 février



Benoît XVI dans sa Papamobile


>> La jeunesse de Benoît XVI et le problème des jeunesses hitlériennes

Lors de la Seconde guerre mondiale, tous les jeunes devaient intégrer les jeunesses hitlériennes. Joseph Ratzinger (né en 1927, futur Benoît XVI en 2005) y est enrôlé contre son gré : il rejoint les membres obligés (Zwangs-Hitlerjunge) et non les membres volontaires (Stamm-Hitlerjunge).
Sa famille est résolument anti-nazie. Son père s'est abonné au quotidien anti-nazi de Bavière, « Der Gerade Weg », c'est-à-dire « Le Juste Chemin ».
Il doit intégrer la lutte anti-aérienne allemande à 16 ans. Il est affecté à la protection d'une usine BMW à Munich. Lorsqu'il doit entrer à la Waffen-SS, il esquive cette obligation en expliquant qu'il désire devenir prêtre.

>> Benoît XVI et le préservatif


Benoît XVI suscite la polémique pour ses propos tenus dans l'avion qui le conduit en Afrique, au Cameroun.
Un journaliste français, Philippe Visseyrias, lui demande s'il compte parler des moyens pour lutter contre le SIDA lors de son voyage en Afrique, où la maladie est un vrai fléau.

Le Pape déclare ainsi en italien en mars 2009 :

"Je dirais le contraire, il me semble que l'entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le SIDA, est vraiment l'Eglise catholique, avec ses mouvements et ses diverses structures. Je pense à la Communauté de Saint Egidio qui fait tant de manière visible et aussi de manière invisible pour lutter contre le SIDA, aux religieux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont au service des malades.
Je dirais que l'on ne peut pas dépasser ce problème du SIDA seulement avec de l'argent, qui est nécessaire, mais s'il n'y pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut pas dépasser le fléau avec la distribution de préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème. La solution ne peut venir que d'un double engagement. En premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain, qui permette une nouvelle manière de se comporter les uns avec les autres, et deuxièmement une vraie attention particulièrement à l'égard des personnes qui souffrent, la disponibilité, les sacrifices aussi, les renoncements personnels pour être avec les personnes souffrantes.
"

Le débât s'engage autour du passage en gras, concernant le préservatif, entre les partisans du Pape, qui tiennent à restituer dans son intégralité ces propos et à bien les interpréter, et les critiques qui y voient un discours rétrograde et insensé.



Ce qu'a vraiment dit le Pape par KTOTV


>> Les polémiques des musulmans contre Benoît XVI


Déjà en septembre 2006, une de ses déclarations avait provoqué la polémique. Il est accusé, surtout par les musulmans, d'assimiler la religion de l'islam à la violence, notamment par la critique du jihad (guerre sainte)
Parmi ce long discours il rapporte notamment une opposition entre l'empereur de Constantinople (fin XIVe siècle) et un érudit musulman :

"l’empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s’adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ». L’empereur, après s’être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l’âme."

L'empereur dont parle Benoît XVI, dont il partage l'avis, y critique le fait que certaines personnes utiliseraient la violence pour répandre leur foi.

>> Benoît XVI et les prêtres négationnistes

En 1988, Monseigneur Lefebvre, assisté de Monseigneur Antonio de Castro-Mayer, sacre 4 évêques sans mandat pontifical - c'est-à-dire sans l'accord du Pape Jean-Paul II.
Les 4 évêques sont : Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta.
Jean-Paul II les excommunie : il les exclue de l'Eglise.

Or parmi ces prêtres, Richard Williamson est connu pour ses propos négationnistes. Il nie plusieurs fois l'existence lors de la 2nd Guerre mondiale de chambres à gaz : "Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz. (...) Je pense que 200.000 à 300.000 juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz.".
En outre, il accuse le gouvernement américain d'avori lui-même organisé les attentats du 11 septembre 2001.

Il se trouve que Richal Williamson tient ces déclarations dans le même temps que Benoît XVI décide de lever en janvier 2009 l'excommunication qui pèse sur les prêtres.

Certains saluent cette décision du Pape pour retrouver l'unité de l'Eglise.
C'est le cas des évêques qui condamnent fermement les propos négationnistes du prêtre et expliquent : "La levée de l'excommunication n'est pas une réhabilitation. Elle constitue le point de départ d'un long chemin qui supposera un dialogue précis."

Il s'agit alors d'un moyen d’établir un dialogue avec ces évêques dissidents, ce qui n'est pas une « réintégration ». Même, le pape n'avait alors pas connaissance des propos négationnistes de cet évêque.

D'autres notent les difficultés engendrées par cette annonce : "Lever les excommunications sans exiger de repentir préalable, c'est bafouer ce droit, créer un précédent, réhabiliter la désobéissance."

>> Benoît XVI et le problème des prêtres pédophiles


Plusieurs scandales inculpant des prêtres coupables d'abus sur mineur ternissent l'image de l'Eglise au cours des années 2000. Déjà tumultueuses aux Etats-Unis en 2005 lorsque Benoît XVI accède au Saint Siège, ces révélations se joignent à celles d'Irlande, puis d'Europe (Allemagne, Pays-Bas, Autriche) et d'Amérique. La papauté est accusée d'avoir couvert ces abus entre 1975 et 2004.
Benoît XVI s'exprime avec intransigeance sur ses affaires, regrettant des "souillures dans l'Eglise", et demandant pardon aux victimes qu'il recontre.
Dans les années 1980, il semble suivre comme tous les évêques la politique de discretion sur ses affaires. Mais il serait aussi un des premiers à avoir appeler à plus de rigueur, demandant notamment une enquête sur le cardinal Hans Hermann Groër en 1995 et sur le père Marchial Maciel en 1998. En tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il envoie une lettre pour que ces cas d'abus sexuels soient signalés à Rome.

>> Encycliques de Benoît XVI

Les encycliques sont des lettres adressées à l'Eglise catholique, ou une partie, par le Pape. Elles visent à rappeler un enseignement, à éclaircir une doctrine, notamment concernant l'actualité.

Benoît XVI en a écrites trois :
  • Deus caritas est (Dieu est amour) en 2005 sur l'amour et la charité
  • Spe salvi (Sauvés par l'Espérance) en 2007 sur l'espérance chrétienne dans la société
  • Caritas in veritate (La Charité dans la Vérité) en 2009 sur la doctrine sociale

>> Benoît XVI et Twitter


Benoît XVI s'est récemment inscrit sur le réseau social Twitter, sous le nom de @Pontifex. En français : @Pontifex_fr
Il a lui-même cliqué sur le bouton "envoyé" le 12 décembre 2012 à partir d'un ipad pour son premier tweet : "Chers amis, c’est avec joie que je m’unis à vous par twitter. Merci pour votre réponse généreuse. Je vous bénis tous de grand cœur." écrit-il en moins de 140 charactères.
Il écrirait ses tweets sur papier, que sa secrétaire se charge de traduire sur informatique.


Le Pape Benoît XVI tweete


>> Courte biographie de Benoît XVI


Joseph Ratzinger a été élu pape le 19 avril 2005, pour succéder à Jean-Paul II. Il prend le nom de Benoît XVI.
Joseph Ratzinger est né le 16 avril 1927 à Marktl-Sur-Inn, en haute Bavière. Au sein d'une famille chrétienne, il rejoint le petit séminaire de Traunstein. L'année suivante il est enrôlé dans les Jeunesses hitleriennes par obligation. En 1945, il entre au grand séminaire et étudie la philosophie à Freising et la théologie à Munich. Il mène de brillantes études avant de devenir enseignant. Lors du concile de Vatican II, il est pris comme conseiller par l'archevêque de Cologne. Le pape Paul VI le fait archevêque de Munich-Freising et cardinal. En 1981 il devient préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, c'est-à-dire l'ancien Saint-Office, à la demande de Jean-Paul II.
Il devient Pape en 2005, à la mort de Jean-Paul II.

>> Verbatim de la démission de Benoît XVI le 10 février 2013


« Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise.

Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien.

Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière.

Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié.

C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Eglise de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife.

Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Eglise de Dieu par une vie consacrée à la prière.
»

Du Vatican, 10 février 2013

BENEDICTUS PP XVI



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Classé dans : Actualités - Mots clés : résumé, explications, Benoît XVI, démission, pape - aucun commentaire


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