Il n'y a pas de connaissance scientifique par la perception - Aristote

Dans les Seconds Analytiques (IVe siècle avant Jésus-Christ), regroupés au sein de l'Organon, Aristote montre la différence entre l'universel et la singuliarité, et par conséquent fait voir qu'il n'y a pas de connaissance scientifique par la perception.

Son raisonnement se concentre sur le fait que la perception relève du singulier, et jamais de l'universel.

 

Mais qu'est-ce que l'universel pour Aristote ?

"nous disons universel ce qui est toujours et partout." Aristote, Seconds Analytiques, IVe av. JC

 

Les démonstrations relèvent de l'universel. On ne peut pas les percevoir.

De toute façon, selon Aristote, même s'il était possible de percevoir tel fait scientifique, nous chercherions encore à en avoir une démonstration (qui est elle universelle).

 

La thèse d'Aristote est donc bien qu' 'Il n'y a pas de connaissance scientifique par la perception". Aristote, Seconds Analytiques, IVe av. JC

 

Son argument principal est résumé dans la phrase suivante, issue du même ouvrage : "la perception porte nécessairement sur une réalité singulière, tandis que la science consiste dans le fait de connaître l'universel." Aristote, Seconds Analytiques, IVe av. JC

 

 

Les promesses de la science - Nietzsche

En 1882 est publié le Gai Savoir de Friedrich Nietzsche.

Dans cet ouvrage Nietzsche nous fait voir le rôle qu'ont joué les "charlatans", tels qu'on pourrait approximativement les appeler, qui ont vécu aux siècles précédents.

Ceux-ci, par leurs promesses ont donné l'appétit aux hommes, l'appétit pour les "puissances cachées et interdites", c'est-à-dire ce qui relève de la magie.

Mais c'est justement cela, ce qui relève de la magie, qui a fondé la recherche scientifique et le développement des sciences en général.

Aussi Nietzsche écrit-il :

Croyez-vous que les sciences auraient pu jamais se développer et grandir, si elles n'avaient eu pour avant-garde les magiciens, les alchimistes, les astrologues et les sorcières dont les promesses et les mirages devaient d'abord susciter la soif, la faim, l'agréable avant-goût des puissances cachées et interdites ?

 

Les sciences permettent de dépasser le naturel, et il a fallu que l'homme ait une intense envie de dépasser ce naturel, pour qu'il parvienne à développer les sciences.

 

La science en Dieu

 


Dans l'Encyclopédie dirigée par d'Alembert et Diderot, plusieurs articles comprennent le mot science. Voici l'introduction de l'article : la "Science en Dieu".

Dans cet article, il est expliqué comment Dieu a toute la science en lui, parfaite et infinie.

 

 

Science en Dieu, (Théolog.) c'est l'attribut par lequel il connoît toutes choses, de quelque nature qu'elles soient. Dieu a une science parfaite & infinie; il connoit tout ce qu'il y a de possible, tout ce qu'il y a de réel, tout ce qu'il y a de futur, soit absolu, soit conditionuel.

Quo que la science de Dieu considérée en elle - même soit un acte tres simple, & comme un coup - d'oeil net & juste par lequel tout est présent devant lui, cependant les divers objets qu'elle embrasse, ont fait distinguer aux Théologiens trois sortes de sciences en Dieu; savoir, la science de simple intelligence, la sciencede vision, & une troisieme que quelques - uns appellent science moyenne.

La science de simple intelligence est celle par laquelle Dieu voit les choses purement possibles qui n'existent, ni n'existeront jamais. C'est l'attribut par lequel Dieu a la représentation simultanée & adéquate de tous les possibles. Pour le concevoir, autant que nous en sommes capables, il faut faire attention 1°. au nombre immense des possibles, 2°. à ce qu'emporte leur représentation distincte.

 

-> Culture générale : la Science <-