Je pense et les représentations - Kant

Un texte à méditer, sur le thème de la représentation en lien avec la conscience.

Emmanuel Kant y décrit comment la personne pensante peut faire ce retour réflexif avec ses représentations.

 

Le je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations ; car autrement serait représenté en moi quelque chose qui ne pourrait pas du tout être pensé, ce qui revient à dire ou que la représentation serait impossible, ou que, du moins, elle ne serait rien pour moi. La représentation qui peut être donnée avant toute pensée s'appelle intuition. Par conséquent, tout le divers de l'intuition a un rapport nécessaire au je pense dans le même sujet où se rencontre ce divers. Mais cette représentation est un acte de la spontanéité, c'est-à-dire qu'on ne saurait la considérer comme appartenant à la sensibilité. Je la nomme aperception pure pour la distinguer de l'aperception empirique, ou encore aperception originaire parce qu'elle est cette conscience de soi qui, en produisant la représentation je pense, doit pouvoir accompagner toutes les autres, et qui est une et identique en toute conscience, ne peut être accompagnée d'aucune autre. J'appelle encore l'unité de cette représentation l'unité transcendantale de la conscience de soi, pour désigner la possibilité de la connaissance a priori qui en dérive. En effet, les diverses représentations qui sont données dans une certaine intuition ne seraient pas toutes ensemble mes représentations si elles n'appartenaient pas toutes ensemble à une conscience de soi, c'est-à-dire qu'en tant qu'elles sont mes représentations (quoique je n'en aie pas conscience à ce titre), elles doivent pourtant être nécessairement conformes à la condition qui seule leur permet d'être groupées dans une conscience générale de soi, puisque autrement elles ne m'appartiendraient pas entièrement.

Emmanuel Kant, Critique de la raison pure (1781), « déduction transcendantale », §16.

La vanité de la peinture - Blaise Pascal

Dans ses Pensées, 40-134, Pascal affirme :

 

Quelle vanité que la peinture qui attire l'admiration par la ressemblance des choses, dont on n'admire point les originaux !

 

La représentation picturale est donc pour Pascal un objet dégradé. Il serait possible de généraliser aux représentations en général, notamment dans le domaine de l'art.

"Vanité" à cette époque, et le sens a perduré, signifiait bien l'inutilité et le peu de solidité.

 

L'art nous présente des choses jusqu'alors invisibles - Bergson

Dan La Pensée et le Mouvant, le philosophe Henri Bergson nous livre sans vraiment insister dessus sa vision de l'art.

Celle-ci est en rapport avec le concept de présentation ou de représentation.

Ainsi Bergson écrit :

À quoi vise l'art, dans la nature et dans l'esprit, hors de nous et en nous, sinon à nous présenter des choses qui ne frappaient pas expplicitement nos sens et notre conscience ?

 

Bergson prend alors l'exemple du poète et du romancier :

Au fur et à mesure qu'ils  nous parlent, des nuances d'émotion et de pensée nous apparaissent qui pouvaient être représentées en nous depuis longtemps, mais qui demeuraient invisibles

 

Mais Bergson accorde un statut privilégié au peintre :

nulle part la fonction de l'artiste ne se montre aussi clairement que dans celui des arts qui fait la plus large place à l'imitation, je veux dire la peinture.