La liberté, droit de faire ce que les lois permettent - Montesquieu

La liberté ne consiste pas en la possibilité de faire tout et n'importe quoi.

C'est en somme ce que s'attèle à expliquer Montesquieu dans son ouvrage De l'Esprit des lois, II, au livre XI.

En effet, pour Montesquieu, il est difficile de trouver un mot aussi galvaudé que celui de liberté.

"Il n'y a point de mot qui ait reçu plus de différentes significations, et qui ait frappé les esprits de tant de manières, que celui de liberté" (Chapitre 2)

 

Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple parait faire ce qu'il veut; mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un État, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir.

Montesquieu, De l'Esprit des lois, II, au livre XI, Chapitre 3

 

Cela veut bien dire que la liberté "est le droit de faire tout ce que les lois permettent", car ces lois sont supposées justes.

Révolutions et guerres civiles - Montesquieu

Dans le chapitre XI de son ouvrage De l'Esprit des lois, Montesquieu compare le gouvernement monarchique et le gouvernement despotique.

Pour Montesquieu, qui intitule ce chapitre "De l'excellence du gouvernement monarchique", il est clair que le gouvernement monarchique est meilleur que le gouvernement despotique.

C'est notamment la stabilité du régime monarchique qui est un atout, comme Montesquieu l'écrit :

Le gouvernement monarchique à un grand avantage sur le despotique. Comme il est de sa nature qu'il y ait sous le prince plusieurs ordres qui tiennent à la constitution, l'État est plus fixe, la constitution plus inébranlable, la personne de ceux qui gouvernent plus assurée.

C'est dans ce contexte que Montesquieu nous explique en quoi les notions de guerres civiles et de révolutions sont inversées selon le régime en place, toujours au chapitre XI.

Aussi toutes nos histoires sont-elles pleines de guerres civiles sans révolutions; celles des États despotiques sont pleines de révolutions sans guerres civiles.

 

Par ces mots, Montesquieu associe les révolutions au gouvernement despotique.

 

A l'époque, le mot Révolution trouve sa signification par analogie avec la santé, elle-même dérivée de l'astronomie. La 4e édition du Dictionnaire de l'Académie française (1762) précise en effet :

On appelle Révolution d'humeurs, Un mouvement extraordinaire dans les humeurs, qui altère la santé. Il se dit aussi figurément Du changement qui arrive dans les affaires publiques, dans les choses du monde.

 

La théorie des climats - Montesquieu

Montesquieu, dans son ouvrage paru en 1748, nous livre une réflexion concernant les déterminismes du milieu où l'on vit sur son propre caractère.

A l'échelle de la société, certains facteurs phyiques influent alors sur les lois, sur le caractère des peuples. Ainsi les lois pour Montesquieu "doivent être relatives au physique du pays" (De l'Esprit des lois, livre I, chap. 3).

Quant au caractère des peuples, Montesquieu prend l'exemple des climats et de la température, qui pour lui jouent un rôle essentiel et font que certains peuples sont libres tandis que d'autres demeurent esclaves.

"Il ne faut donc pas être étonné que la lâcheté des peuples des climats chauds les ait presque toujours rendus esclaves, et que le courage des peuples des climats froids les ait maintenus libres." énonce ainsi Montesquieu dans De l'Esprit des lois, III, livre XVII, chap. 17.

Montesquieu associe la chaleur (qui "énervait la force et le courage des hommes") à l'esclavage, et le froid (qui donne "une certaine force de corps et d'esprit") à la liberté.