Machiavel - Le Prince doit savoir feindre et dissimuler

Les arcana imperii : ces secrets des empires, sont impitoyablement mis en scène dans le Tartuffe de Molière.

La duplicité, l'hypocrisie, sont les ressorts utilisés pour cette pièce de théâtre.

Voir l'article de Ronan Y. Chalmin - ARCANA IMPERII Coup et secret d'État dans Le Tartuffe de Molière.

 

En science politique, on retrouve ce phénomène sous l'écriture de Machiavel. Pour Machiavel, un élément important du souverain, comme il l'apelle le Prince, est de savoir feindre et dissimuler. C'est ainsi qu'il écrit dans son oeuvre principale Le Prince :

"le plus heureux est toujours celui qui sait le mieux se couvrir de la peau du renard. Le point est de bien jouer son rôle, et de savoir à propos feindre et dissimuler. Et les hommes sont si simples et si faibles que celui qui veut tromper trouve aisément des dupes."

 

 

Machiavel dans cette citation appelle clairement le Prince à savoir dissimuler ses expressions, ses intérêts, ses moyens et ses objectifs. C'est "se couvrir de la peau du renard" de façon imagée.

Il prend pour acquis un fait intéressant : l'homme du peuple est simple et faible, c'est-à-dire qu'il est crédule. C'est avec cette fragilité qu'il faut jouer, de sorte que le souverain puisse en tirer un profit maximum.

Ce principe est résumé dans la formule inspirée : "Qui nescit dissimulari nescit regnare", ce qui veut dire "Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner."

 

 

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Le malade imaginaire - Guérir un autre homme

Dans Le Malade imaginaire, Molière met en scène Argan et Beralde. Argan s'étonne de ce que Beralde n'ait plus foi en la médecine. Beralde pense en effet que la médecine est une activité ridicule, voire même de la folie.

Voici un extrait :

 

ARGAN Mais raisonnons un peu, mon frère. Vous ne croyez donc point à la médecine ?

BERALDE Non, mon frère, et je ne vois pas que, pour son salut, il soit nécessaire d'y croire.

ARGAN Quoi ! vous ne tenez pas véritable une chose établie par tout le monde et que tous les siècles ont révérée ?

BERALDE Bien loin de la tenir véritable, je la trouve, entre nous, une des plus grandes folies qui soient parmi les hommes ; et, à regarder les choses en philosophe, je ne vois point une plus plaisante mômerie, je ne vois rien de plus ridicule, qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre.

ARGAN Pourquoi ne voulez-vous pas, mon frère, qu'un homme en puisse guérir un autre ?

BERALDE Par la raison, mon frère, que les ressorts de notre machine sont des mystères, jusques ici, où les hommes ne voient goutte; et que la nature nous a mis au-devant des yeux des voiles trop épais pour y connaître quelque chose.

ARGAN Les médecins ne savent donc rien, à votre compte ?

BERALDE Si fait, mon frère. Ils savent la plupart de fort belles humanités, savent parler en beau latin, savent nommer en grec toutes les maladies, les définir et les diviser; mais, pour ce qui est de les guérir, c'est ce qu'ils ne savent pas du tout.

ARGAN Mais toujours faut-il demeurer d'accord que, sur cette matière, les médecins en savent plus que les autres.

BERALDE Ils savent, mon frère, ce que je vous ai dit, qui ne guérit pas de grand'chose: et toute l'excellence de leur art consiste en un pompeux galimatias, en un spécieux babil, qui vous donne des mots pour des raisons, et des promesses pour des effets.

Acte III Scène 3, Le Malade imaginaire

 

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