Secret - Sparte contre Athènes

Dans la démocratie athénienne du Ve siècle, les décisions se prenaient de façon ouverte et publique.

Ce n'était pas le cas à Sparte, où le secret était cultivé.

Thucydide (historien athénien, né vers 465 av. J.-C) dans son oraison funèbre La Guerre du Péloponnèse explique ainsi par l'intermédiaire de Périclès (homme d'État athénien (Athènes vers 495 av. J.-C. - 429 av. J.-C.)) :

"Notre cité est accueillante à tous et jamais nous ne procédons à des expulsions d'étrangers pour éviter qu'on ne recueille certains renseignements ou qu'on ne soit témoin de certains faits dont la divulgation pourrait rendre service à nos ennemis."

Cette citation montre que la démocratie athénienne était non seulement ouverte à tous, en tant que démocratie, mais qu'elle était gênée par expulser des personnes qui auraient pu rapporter tous les "secrets", qui n'en étaient donc pas au sein de la cité, à des hommes externes à la cité.

Elle insinue également que ce n'était pas le cas à Sparte, qui expulsait des personnes, et n'avait pas peur que celles-ci dévoilent des secrets puisque le régime demeurait opaque.

 

 

-> Citations sur le Secret

 

-> Culture générale : le Secret <-

Le secret de l'isoloir

Par la loi du 29 juillet 1913, l'électeur est tenu au secret du vote.

Ainsi, le secret demeure une constituante de la démocratie française, au moment du vote.

 

On mentionnera en particulier l'article 3 (secret par l'enveloppe) et l'article 4 (secret par l'isoloir).

 

Article 3 . Dans toutes les élections, le vote a lieu sous enveloppes. Ces enveloppes sont fournies par l’administration préfectorale. Elles sont opaques, non gommées, frappées du timbre à date des préfectures ou des sous- préfectures, et de type uniforme pour chaque collège électoral.

 

Article 4 (...) il doit se rendre isolément dans la partie de la salle aménagée pour le soustraire aux regards pendant qu’il met son bulletin dans l’enveloppe (...)

Georg Simmel - La clandestinité et le pouvoir aristocratique

Dans les régimes non démocratiques, deux traits principaux peuvent être dégagés :

  1. les gouvernés et les gouvernants sont implacablement séparés, c'est-à-dire distincts.
  2. Et surtout, les gouvernants agissent avec la plus grande opacité vis-à-vis des gouvernés.

 

C'est pourquoi le secret, dans ces régimes, est si important.

Georg Simmel a théorisé cela dans Secret et sociétés secrètes, il y explique :

la clandestinité a toujours fait partie des accessoires du pouvoir aristocratique. Elle exploite d'abord un fait psychologique - l'inconnu, en tant que tel, semble toujours effrayant, puissant, menaçant - en tentant de dissimuler la faiblesse numérique de la classe dirigeante. (...) L'utilisation du secret à l'intérieur du régime aristocratique n'est que la forme exacerbée de cette exclusion et de ces privilèges sociaux, pour l'amour desquels l'aristocratie répugne d'ordinaire à promulguer des lois fondées sur des principes universels.

Georg Simmel, Secret et sociétés secrètes

Retirons deux nouvelles idées :

  1. Puisque le nombre des dirigeants est minime par rapport au nombre des dirigés, il est nécessaire pour ces premiers de créer de l'obscurité.
  2. De plus, c'est parce que les privilégiés sont si bien lotis qu'ils ne souhaitent ou ne veulent pas établir des lois qui auraient pour base des principes universaux.

 

 

-> Citations sur le Secret

 

-> Culture générale : le Secret <-