Ce qui est engendré est inférieur - Plotin

 

Ce qui est éternellement parfait engendre éternellement, et ce qu'il engendre est éternel, mais inférieur au principe générateur.

Ennéade V, livre I, 13-15

 

Ce qu'il faut comprendre par ces mots de Plotin, c'est que l'Un, (qu'on pourrait assimiler à Dieu puique l'Un est divin, ou encore à "l'Être universel") est à la fois éternel et parfait. Ce qu'il engendre est également éternel, mais est une version dégradée de sa divinité. Il engendre toujours quelque chose d'inférieur à lui.

 

Ouvrons une parenthèse pour rappeler que chez Plotin, les âmes participent de l'essence divine, puisqu'elles sont engendrées par l'Un, mais elles "se sont dégradées par l'oubli de leur origine". (Ennéade V, livre I, 4)

Cela signifie qu'elles ne perçoivent plus Dieu comme leur vraie et parfaite origine, leur attention se porte sur d'autres objets, et par conséquent elles ne voient plus leur vraie nature.

Définitions de l'Amour

L'amour est une notion encore à explorer. Par conséquent il n'existe pas de définition parfaite.

Voici tout de même ce qu'on peut dire de l'amour.

 

>> Définitions de l'Amour :

 

Général : Mouvement de l'âme qui pousse à établir une relation intime avec un être, soit pour lui faire du bien, soit pour en recevoir de lui.

Inclination d'une personne vers une autre.

 

Tendresse : Vive affection pour une personne, tendresse profonde qui lie deux êtres

Sentiment intense et agréable qui incite les êtres à s’unir.

 

Religion : Acte par lequel le Créateur aime sa créature, souhaite qu'elle s'unisse à lui ; acte par lequel la créature se porte de tout son être vers le Créateur.

Désir d’accomplir le bien d’autrui.

 

Attirance : Attirance, affective ou physique, qu'en raison d'une certaine affinité, un être éprouve pour un autre être, auquel il est uni ou qu'il cherche à s'unir par un lien généralement étroit.

 

Charnel : Copulation, relation sexuelle, union charnelle.

 

 

>> Analyse des définitions de l'Amour

 

L'amour est emprunt de métaphysique. Soit parce qu'on lui attribue un lien avec l'âme, qui est métaphysique, soit parce qu'on la fait venir de Dieu, qui est également métaphysique.

Au contraire, au sens le plus terre à terre, il s'agit d'une union charnelle. Certains ne lui reconnaîtront que cette définition, mais ce n'est pas celle qui s'impose immédiatement chez les concepteurs de dictionnaires.

Mais chaque fois, le thème important est celui de l'union. L'Union est incontournable dans les définitions de l'amour. Soit cette union est frustrée, et dans ce cas il n'y a qu'un désir d'union non satisfait, soit cette union est complète et les deux éléments forment un ensemble, par ce lien de l'amour.

 

Cultiver l'âme et le corps - Platon, Gorgias

Quels arts faut-il cultiver ? Comment cultive-t-on le corps ? Comment cultive-t-on l'âme ?

 

Platon fait dire à Socrate dans le Gorgias qu'il y a deux substances : l'âme et le corps. Et que ces deux substances doivent être cultivées.

 

Elles le sont en définissant plusieurs arts.

  • Pour l'âme, c'est la législation et la justice. (Il les réunit sous le nom de politique.)
  • Pour le corps, c'est la gymnastique et la médecine. (Il les réunit pour l'instant sous le nom de culture du corps.)

 

C'est en cultivant chacun de ces arts qu'un homme fait le bien.

Platon

 

 

-> Autres cours sur la Culture pour les IEP 2014.

 

 

SOCRATE

XIX. — Voyons maintenant si j’arriverai à t’expliquer plus clairement ce que

je veux dire. Je dis que, comme il y a deux substances, il y a deux arts. L’un se

rapporte à l’âme : je l’appelle politique. Pour l’autre, qui se rapporte au corps,

je ne peux pas lui trouver tout de suite un nom unique ; mais dans la culture

du corps, qui forme un seul tout, je distingue deux parties, la gymnastique et

la médecine. De même dans la politique je distingue la législation qui

correspond à la gymnastique et la justice qui correspond à la médecine.

Comme les arts de ces deux groupes se rapportent au même objet, ils ont

naturellement des rapports entre eux, la médecine avec la gymnastique, la

justice avec la législation, mais ils ont aussi des différences.

Il y a donc les quatre arts que j’ai dits, qui veillent au plus grand bien, les uns

du corps, les autres de l’âme. Or la flatterie, qui s’en est aperçue, non point

par une connaissance raisonnée, mais par conjecture, s’est divisée elle-même

en quatre, puis, se glissant sous chacun des arts, elle se fait passer pour celui

sous lequel elle s’est glissée. Elle n’a nul souci du bien et elle ne cesse

d’attirer la folie par l’appât du plaisir ; elle la trompe et obtient de la sorte une

grande considération. C’est ainsi que la cuisine s’est glissée sous la médecine

et feint de connaître les aliments les plus salutaires au corps, si bien que, si le

cuisinier et le médecin devaient disputer devant des enfants ou devant des

hommes aussi peu raisonnables que les enfants, à qui connaît le mieux, du

médecin ou du cuisinier, les aliments sains et les mauvais, le médecin n’aurait

qu’à mourir de faim. Voilà donc ce que j’appelle flatterie et je soutiens qu’une

telle pratique est laide, Polos, car c’est à toi que s’adresse mon affirmation,

parce que cette pratique vise à l’agréable et néglige le bien. J’ajoute que ce

n’est pas un art, mais une routine, parce qu’elle ne peut expliquer la véritable

nature des choses dont elle s’occupe ni dire la cause de chacune. Pour moi, je

ne donne pas le nom d’art à une chose dépourvue de raison. Si tu me contestes

ce point, je suis prêt à soutenir la discussion.

 

 

-> 4 Citations de Platon sur la justice (Livre Ier de la République)

 

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