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Spinoza - Chacun a le droit de dire ce qu'il veut

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 23 octobre 2018

Partant du principe que "il n’est pas possible, (...), qu’un homme abdique sa pensée et la soumette absolument à celle d’autrui", Spinoza introduit l'idée de la liberté d'expression.

 

Le chapitre XX du Traité théologico-politique (TTP) de Spinoza a pour sous-titre : "ON ÉTABLIT QUE DANS UN ÉTAT LIBRE CHACUN A LE DROIT DE PENSER CE QU’IL VEUT ET DE DIRE CE QU’IL PENSE."

 

L'objectif est bien là : On peut dire ce que l'on veut, car on peut penser ce que l'on veut, et on peut dire ce que l'on pense. La liberté de penser est posée en premier, puis la liberté d'être fidèle à sa pensée, c'est-à-dire la liberté d'expression. Parce que personne ne saurait garder secret ses pensées.

 

Extrait de ce même Chapitre XX :

 

Si donc personne ne peut abdiquer le libre droit qu’il a de juger et de sentir par lui-même, si chacun par un droit imprescriptible de la nature est le maître de ses pensées, n’en résulte-t-il pas qu’on ne pourra jamais dans un État essayer, sans les suites les plus déplorables, d’obliger les hommes, dont les pensées et les sentiments sont si divers et même si opposés, à ne parler que conformément aux prescriptions du pouvoir suprême ? Les hommes les plus habiles, pour ne rien dire du peuple, savent-ils donc se taire ? N’est-ce pas un défaut commun à tous les hommes de confier à autrui les desseins qu’ils devraient tenir secrets ? Ce sera donc un gouvernement violent que celui qui refusera aux citoyens la liberté d’exprimer et d’enseigner leurs opinions ; ce sera au contraire un gouvernement modéré que celui qui leur accordera cette liberté.

Spinoza - TTP - Chapitre XX

 

Il s'agit même de l'intérêt de l'État de ne pas censurer les opinions.

 

Veut-on obtenir des citoyens, non une obéissance forcée, mais une fidélité sincère, veut-on que le souverain conserve l’autorité d’une main ferme et ne soit pas obligé de fléchir sous les efforts des séditieux, il faut de toute nécessité permettre la liberté de la pensée, et gouverner les hommes de telle façon que, tout en étant ouvertement divisés de sentiments, ils vivent cependant dans une concorde parfaite.

Spinoza - TTP - Chapitre XX

 

En effet, les citoyens peuvent de toute façon penser ce qu'ils veulent. Si on les oblige à parler autrement que ce qu'ils pensent, la bonne foi sera perdue. Or la bonne foi est essentielle à l'État.

 

 

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Secret et numérique : Calculateur quantique et cryptage

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 21 octobre 2018

Une loi de Moore (popularisée ainsi mais sans réel rapport avec les observations de Moore) veut que tous les 18 mois, une rupture s'opère dans les technologies. Par exemple, qu'une caractéristique soit deux fois plus efficace, comme la puissance, la capacité, la vitesse, etc.

Et si le calculateur quantique révolutionnait ainsi les technologies ?

Cela poserait beaucoup de problèmes aux systèmes de cryptage, ou chiffrement, qui sont déjà en place, et qui protègent la confidentialité des données.

 

>> Qu'est-ce qu'un calculateur quantique ?

 

Un calculateur quantique est presque comme un ordinateur à une différence fondamentale près.

Un ordinateur pour envoyer et recevoir des informations utilise des 0 ou des 1. Ce sont des bits.

Un ordinateur quantique n'utilise plus des bits, mais son analogue les qubits.

C'est là où ça devient compliqué. Que sont les qubits ?

Les qubits utilisent les propriétés de la physique quantique, ce qui doit vaguement vous rappeler vos cours de lycée.

En physique quantique, un même état quantique peut posséder plusieurs valeurs pour une certaine quantité observable. C'est difficile à comprendre, et pour cause, nous n'y sommes pas du tout habitués dans la vie de tous les jours, cela se passe dans le monde quantique, à l'échelle atomique et subatomique.

 

>> Pourquoi cela concerne-t-il le secret ?

 

Tout réside dans le fait de pouvoir factoriser des nombres avec des nombres premiers, et des tâches mathématiques similaires.

C'est le fondement du cryptage de nos jours, asymétrique notamment.

Or seuls les calculateurs quantiques sont assez rapides et performants pour factoriser des nombres et trouver des nombres premiers.

Le cryptage est devenu extrêmement important dans nos sociétés puisqu'il protège des documents confidentiels, des secrets d'état, des secrets médicaux, des secrets bancaires, etc.

 

 

>> Le problème des calculateurs quantiques

 

Un calculateur quantique ne peut exécuter qu'une classe d'algorithme. Il ne peut pas faire toutes les tâches.

De plus, certes, si l'on assez de qubits, un calculateur quantique est beaucoup plus rapide qu'un ordinateur normal. Mais cela ne revient pas à dire que l'ordinateur quantique est toujours plus performant que l'ordinateur classique. Il se pourrait en ce sens qu'un algorithme plus efficace fasse gagner l'ordinateur classique contre le calculateur quantique.

 

 

 

>> Quand est-ce qu'un ordinateur quantique pourra briser les cryptages sur internet ?

 

Aujourd'hui, les meilleures machines quantiques peuvent manipuler plusieurs dizaines de qubits.

Selon Brian LaMacchia, qui gère la sécurité et la cryptographie à Microsoft Research, un calculateur quantique cryptographiquement intéressant devrait pouvoir gérer entre 1000 et 10000 qubits. Toujours selon lui, une machine de ce type pourrait être prête entre 2030 et 2040.

Or il est des données confidentielles qu'on ne voudrait même pas être révélées d'ici un peu plus une dizaine d'années.

 

 

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Définition du Secret des affaires - Union européenne

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 20 octobre 2018

Lisez et relisez jusqu'à bien les comprendre cette définition posée par l'Union européenne en ce qui concerne le secret des affaires.

 

Vous en aurez besoin dans vos copies Sciences Po du Concours commun, et elle vous permettra d'y voir plus clair dans la directive particulièrement complexe issue de l'Union européenne et que devait transposer la France dans son droit interne.

 

Nous avons mis en gras les informations importantes.

 

Aux fins de la présente directive, on entend par:

1)

«secret d'affaires», des informations qui répondent à toutes les conditions suivantes:

a)

elles sont secrètes en ce sens que, dans leur globalité ou dans la configuration et l'assemblage exacts de leurs éléments, elles ne sont pas généralement connues des personnes appartenant aux milieux qui s'occupent normalement du genre d'informations en question, ou ne leur sont pas aisément accessibles,

b)

elles ont une valeur commerciale parce qu'elles sont secrètes,

c)

elles ont fait l'objet, de la part de la personne qui en a le contrôle de façon licite, de dispositions raisonnables, compte tenu des circonstances, destinées à les garder secrètes;

 

Vous pourrez ensuite vous aventurer dans la loi du 30 juillet 2018 en France :

LOI n° 2018-670 du 30 juillet 2018 relative à la protection du secret des affaires

 

Notamment :

 

« Art. L. 151-8.-A l'occasion d'une instance relative à une atteinte au secret des affaires, le secret n'est pas opposable lorsque son obtention, son utilisation ou sa divulgation est intervenue :
« 1° Pour exercer le droit à la liberté d'expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse, et à la liberté d'information telle que proclamée dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
« 2° Pour révéler, dans le but de protéger l'intérêt général et de bonne foi, une activité illégale, une faute ou un comportement répréhensible, y compris lors de l'exercice du droit d'alerte défini à l'article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique ;
« 3° Pour la protection d'un intérêt légitime reconnu par le droit de l'Union européenne ou le droit national.

 

 

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