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Nietzsche et la santé

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 04 octobre 2016

Dans Le Gai Savoir (1882), Nietzsche propose une réflexion sur la santé, et plus particulièrement la santé de l'âme. Nietzsche n'imagine pas une réalité séparée du corps, qui serait l'âme. Nietzsche a lui-même été malade toute sa vie.

Ce qu'il désigne par âme est une strate fondamentale, de la physiologie, qui est l'expression d'un état du corps. "Je suis tout entier corps, et rien d'autre" comme dit Zarathoustra.

 

120. Santé de l'âme. La célèbre formule de médecine morale (dont Ariston de Chios est l'auteur) : « La vertu est la santé de l'âme » devrait, pour que l'on puisse l'utiliser, être du moins transformée ainsi : « Ta vertu est la santé de ton âme. » Car en soi il n'y a point de santé et toutes les tentatives pour donner ce nom à une chose ont misérablement avorté. Il importe de connaître ton but, ton horizon, tes forces, tes impulsions, tes erreurs et surtout l'idéal et les fantômes de ton âme pour déterminer ce que signifie la santé, même pour ton corps. Il existe donc d'innombrables santés du corps ; et plus on permettra à l'individu particulier et incomparable de lever la tête, plus on désapprendra le dogme de « l'égalité des hommes », plus il faudra que nos médecins perdent la notion d'une santé normale, d'une diète normale, du cours normal de la maladie. Et, alors seulement, il sera peut-être temps de réfléchir à la santé et à la maladie de l'âme et de mettre la vertu particulière de chacun dans cette santé : il est vrai que la santé de l'âme pourrait ressembler chez l'un au contraire de la santé chez l'autre. Et finalement la grande question demeurerait ouverte : savoir si nous pouvons nous passer de la maladie, même pour le développement de notre vertu, et si particulièrement notre soif de connaissance et de connaissance de soi n'a pas autant besoin de l'âme malade que de l'âme bien portante : en un mot si la seule volonté de santé n'est pas un préjugé, une lâcheté, et peut-être un reste de la barbarie la plus subtile et de l'esprit rétrograde.

Paragraphe 120, Nietzsche, Le Gai Savoir (1882)

 

Nietzsche redéfinit le philosophe comme médecine de la culture. Ce n'est plus la problématique de la recherche du vrai qui guide la philosophie.

Le philosophe est un philosophe médecin plutôt qu'un médecin érudit. La grande question est de savoir si l'on peut se passer de la maladie. La question est : est-ce qu'il y a des modes de pensée malades, qui traduisent une déviation par rapport à ce qui serait la santé ? Nietzsche répond à l'affirmative : il y a d'une certaine manière des maladies de l'âme, symptômes de dysfonctionnements dans l'organisation corporelle. Par exemple, la prolifération des jugements pessimistes. Il faut dès lors penser la pensée dynamique entre santé et maladie. Le pessimisme est un obstacle à surmonter.

« Ce qui ne me tue pas me fortifie » explique Nietzche dans Le crépuscule des idoles publié en 1888.

 

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"Leur vol, ils l'appellent culture" Nietzsche

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 30 juin 2016

Le concours pour entrer en 1ère année à Sciences Po en 2014 s'intéresse à la culture et au travail.

Friedrich Nietzsche livre une vision critique de la culture dans son poème philosophique Ainsi parlait Zarathoustra.

 

 

 

 « Regardez-les moi, ces superflus, ils volent les œuvres des inventeurs et les trésors des sages : leur vol, ils l'appellent culture - et tout leur devient maladie et revers ! »

Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, traduction de Georges-Arthur Goldschmidt

 

Friedrich Nietzsche
Friedrich Nietzsche

Commentaire :

 

La culture est assimilée ici à un vol : les hommes ont volé les œuvres des grands sages, des vrais inventeurs, et ont donné à ce vol le nom de culture.

Nietzsche, par l'intermédiaire de la figure de Zarathoustra, dénonce clairement ce comportement : il qualifie de "superflus" les hommes se livrant à un tel vol.

 

-> Le meilleur des articles pour réviser la culture

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La critique du travail par Nietzsche dans Aurore

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 04 février 2014

Le travail et la culture sont les deux thèmes choisis pour le concours des IEP 2014.

 

« Les apologistes du travail. - Dans la glorification du "travail", dans les infatigables discours sur la "bénédiction du travail", je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et conformes à l'intérêt général : la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l'aspect du travail - c'est-à-dire de ce dur labeur du matin au soir - que c'est là la meilleure police, qu'elle tient chacun en bride et qu'elle s'entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et la soustrait à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l'amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l'on travaille sans cesse durement, jouira d'une plus grande sécurité : et c'est la sécurité que l'on adore maintenant comme divinité suprême. »

Friedrich NIETZSCHE - Aurore. (1881)

 

Friedrich Nietzsche émet une critique vigoureuse contre le travail dans Aurore.

A tous ceux qui louent le travail, qui glorifient le travail, Nietzsche oppose le travail comme police qui asservit l'homme. Le travail tient en chaîne l'homme, il l'empêche de méditer, de réfléchir, de s'épanouir.

Le travail cache une aversion pour l'individuel, en cela il est une de ces valeurs érigées par les hommes au même titre que la recherche de l'intérêt général.

Les petites satisfactions que donnent le travail aveuglent l'homme qui ne cherche plus que sa propre sécurité.

 

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Friedrich Nietzsche et la justice

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 30 janvier 2013

>> Courte biographie de Friedrich Nietzsche (1844-1900)


Friedrich Nietzsche naît à Röcken, près de Leipzig en Saxe, au sein d'une famille de pasteurs. Il suit ses études secondaires au collège de Pforta, puis étudie la philosophie grecque dans la ville de Bonn. Il y travaille en outre sur la philologie (étude de textes anciens) et devient professeur. Il lit Schopenhauer et se lie d'amitié avec Richard Wagner. Alors que la guerre franco-allemande est engagée, il devient infirmier. Son état de santé cependant se détériore. En 1873, et 1874 il publie les Considérations inactuelles I, II, et III. Quatre ans plus tard, en 1878 et 1879, il rédige sa célèbre oeuvre Humain, trop humain après une rupture avec Wagner. Il prend alors sa retraite à l'université de Bâle, et voyage à travers l'Europe malgré ses problèmes de santé et d'argent. En 1882, il écrit quatre tomes du Gai Savoir, et compose deux, trois ans plus tard Ainsi parlait Zarathoustra. En 1887, il poursuit la rédaction du Gai Savoir et publie La Généalogie de la morale. Il meurt lors de l'été 1900 à Weimar.

>> La justice selon Friedrich Nietzsche


Il serait possible de discerner deux types de justice dans l'oeuvre de Nietzsche, pour mieux comprendre sa pensée. Une justice morale qu'il critique, et une justice extra-morale, correspondant à "une grande justice", qu'il soutient.

Cette première justice est la plus souvent évoquée :
"Ils ont maintenant tout à fait monopolisé la vertu, ces faibles, ces malades incurables, point de doute : « nous seuls, nous sommes les bons, les justes, disent-ils, nous seuls, nous sommes les homines bonae voluntatis »" La Généalogie de la morale 1887

La seconde forme de justice n'en est pas moins présente :
"Au goût des grandes responsabilités, à la majesté du regard dominateur, au pouvoir de s’abstraire de la foule, de ses tâches et de ses vertus, à la bienveillance qui prend parti pour ce qu’on méconnaît et calomnie, s’agît-il de Dieu ou du diable, à la joie de pratiquer une justice de grande envergure"

La justice pourrait revêtir un sens inférieur, et un sens supérieur qui se place au-delà du bien et du mal. Nietzsche désire un inversement des valeurs, c'est-à-dire une transformation.

>> Origine de la justice selon Nietzsche :


Dans Humain, trop humain, en 1878, Nietzsche définit pour lui l'origine de la justice :
"La justice (l’équité) prend naissance entre hommes jouissant d’une puissance à peu près égale, comme l’a bien vu Thucydide"

Il explique que lorsqu'il y a risque de conflit, dommageable pour les deux partis, alors "naît l’idée de s’entendre et de négocier sur les prétentions de chaque partie : le caractère de troc est le caractère initial de la justice." (Humain, trop humain, 1878)

>> Critique de la justice de Friedrich Nietzsche


La justice est un sentiment égoïste : elle vient de la volonté de puissance, de se conserver : "La justice se ramène naturellement au point de vue d’un instinct de conservation bien entendu, c’est-à-dire à l’égoïsme de cette réflexion : « À quoi bon irais-je me nuire inutilement et peut-être manquer néanmoins mon but ? » – Voilà pour l’origine de la justice" (Humain, trop humain, 1878)

Il poursuit sa réflexion en assimilant la vertu de justice à une vertu animale : elle provient de l'instinct. "Les commencements de la justice comme ceux de l’intelligence, de la mesure, de la vaillance – bref, de tout ce que nous désignons du terme de vertus socratiques, sont animales" Aurore, 1881.

Le mot justice est trompeur. La justice n'est en fait qu'une vengeance dissimulée, un désir de puissance caché sous la noblesse du mot justice. Cette critique est la plus claire dans La généalogie de la morale (1887) mais il fait déjà dire à Zarathoustra : "je déchire votre voile afin que de votre trou à mensonges votre rage vous fasse sortir et que derrière votre mot “justice” surgisse votre vengeance." (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885)

Voir aussi :
Un bon article sur la justice et Nietzsche est le cours de Arnaud François pour en savoir plus.
Les articles justice du Blog Intégrer Sciences Po

-> "Leur vol, ils l'appellent culture" Nietzsche

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