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Deux amours ont fait deux cités - Saint-Augustin

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 14 mai 2018

Saint Augustin distingue deux cités :

  1. la cité terrestre
  2. la cité céleste

Bien sûr, pour Saint Augustin, c'est la cité céleste la plus importante. Ca la première cité est périssable (cité terrestre), tandis que la seconde est promise aux joies éternelles. (cité céleste)

Saint Augustin écrit ainsi :

 

Deux amours ont donc fait deux cités : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité céleste.

L’une se glorifie en elle-même, l’autre dans le Seigneur. L’une demande sa gloire aux hommes ; pour l’autre, Dieu témoin de sa conscience est sa plus grande gloire.

Saint Augustin, La Cité de Dieu

 

 

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Bodin - Différence entre la Ville et la Cité

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 mai 2018

Jean Bodin, dans Les six livres de la République (1583), parle de la différence que l'on peut établir entre ville et cité.

C'est l'occasion d'un petit voyage historique sur la signification de la cité, de la ville, du civil, du citoyen.

 

Aristote nous a défini la cité une compagnie de citoyens, qui ont tout ce qui leur fait besoin pour vivre heureusement, ne faisant point de différence entre République et cité ; et même il dit que ce n'est pas cité, si tous les citoyens ne demeurent en même lieu, [ce] qui est une incongruité en matière de République, comme Jules César le montre bien en ses mémoires, disant que toute la cité des Helvétiens avait quatre bourgs, ou quatre cantons. Où il appert que le mot de cité, est un mot de droit, qui ne signifie point un lieu, ni une place, comme le mot de ville, que les Latins appellent, Urbem, ab Urbo, id est aratro, parce qu'on traçait, dit Varron, le circuit et pourpris des villes avec les charrues. Aussi est-il bien certain en termes de droit, que celui qui a transporté hors la ville ce [qu'il] était défendu de tirer hors la cité, l'ayant porté en une autre ville de la même province, n'a point contrevenu à la défense. Les docteurs passent plus outre, car ils disent que celui n'a point contrevenu, qui a transporté en une autre ville sujette à même Prince. Les Hébreux ont gardé la même propriété et différence de ville et de cité, car ils appellent la ville, [en grec] c'est-à-dire la murée : et la cité [en grec]. Et combien qu'ils prennent quelquefois l'un pour l'autre, comme les Grecs bien souvent usent du mot [en grec], et les Latins du mot civitas, pro urbe, oppido, et jure, parce que le général, qui est la cité, comprend le particulier, qui est la ville ; si est-ce qu'ils n'abusent pas du mot [en grec], comme nous voyons que Cicéron a bien gardé la propriété de l'un et de l'autre, car le mot signifie ville proprement, inde Astuti, qui signifie autant comme urbani, parce que les habitants des villes sont plus accorts ordinairement, et plus gracieux que les paysans. Mais le mot de civilis, que nous appelons civil, n'était pas reçu des anciens Latins pro urbano. Et pour montrer que la différence ne gît pas en paroles simplement, il se peut faire que la ville sera bien bâtie et murée. Et, qui plus est, remplie de peuple, et néanmoins ce n'est point cité, s'il n'y a lois et magistrats pour y établir un droit gouvernement, comme nous avons dit au premier chapitre, [mais] c'est une pure anarchie.

Jean Bodin, Les six livres de la République, (1583)

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Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 novembre 2014



Dans le Livre I du Contrat social, Rousseau commence par définir son projet. Il s’agit de trouver une règle d’administration qui soit légitime et sûre.

Prévenant les critiques qui interrogeraient la légitimité de sa démarche, Rousseau répond que c’est en sa qualité de citoyen qu’il a le droit de s’intéresser à la Politique.

 

=> Lire en intégralité le Contrat Social, Livre Premier - Rousseau (Gratuit)


>> Résumé Chapitre I - Sujet de ce premier Livre, Du Contrat social, Rousseau

 

Rousseau s’étonne :


L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre premier. – Sujet de ce premier Livre.



C’est ce constat paradoxal qui pousse Rousseau à expliquer comment l’homme, alors qu’il est né libre et sans entrave, a pu s’enchaîner au cours de sa vie, de manière systématique.
 

>> Résumé Chapitre II - Des premières Sociétés, Du Contrat social, Rousseau



Rousseau voit dans la famille « la plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle ». Ce chapitre est notamment l’occasion pour Rousseau, comme il le fera plusieurs fois par la suite, de critiquer les thèses des auteurs qui le précèdent, comme Grotius, Hobbes, ou encore Aristote.
 

>> Résumé Chapitre III - Du droit du plus fort, Du Contrat social, Rousseau


 

Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.

Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 3. – Du droit du plus fort.



Pour subsister, la force doit se convertir en droit, et l’obéissance en devoir. Rousseau tâche de comprendre dans ce chapitre ce qu’il faut comprendre par l’expression « droit du plus fort ». Sa conclusion est que l’on est obligé d’obéir uniquement aux aux puissances légitimes.

 

>> Résumé Chapitre IV - De l’esclavage, Du Contrat social, Rousseau



D’une double constatation :

  1. Aucun homme n’a d’autorité naturelle sur un autre
  2. La force ne produit aucun droit

Rousseau en tire le principe que seule la convention peut constituer une autorité légitime.

Personne ne s’aliène, ne se fait esclave, volontairement, ce serait s’opposer au bon sens. Ou alors seuls les fous le font, mais en ce cas ils ne sont pas esclaves dans le droit, car « la folie ne fait pas droit ».
 

>> Résumé Chapitre V - Qu’il faut toujours remonter à une première convention, Du Contrat social, Rousseau



Avant de savoir comment sont institués les rois, il s’agit de comprendre « l’acte par lequel un peuple est un peuple ». C’est en l’occurrence par la convention.
 

>> Résumé Chapitre VI - Du pacte Social, Du Contrat social, Rousseau



Il s’agit ici du chapitre clé du Contrat social. Rousseau y explique vraiment comment se forme le pacte social, et ce qu’il est. Le problème à résoudre est le suivant, des mots de Rousseau :
 

Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant.» Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.



La solution se trouve donc dans le contrat social, qui nécessite le concours de plusieurs. C’est « l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté ».

Pour autant, ce n’est pas qu’un acte de soumission, chaque associé en sort gagnant :
 

Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n'y a pas un associé sur lequel on n'acquière le même droit qu'on lui cède sur soi, on gagne l'équivalent de tout ce qu'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.


Ce que l’on appelait autrefois la Cité devient désormais la République, ou corps politique.

Ce corps politique est désigné de trois manières différentes, selon qu’il est :

  • passif : Etat
  • actif : Souverain
  • comparable à ses semblables : Puissance


 

>> Résumé Chapitre VII - Du souverain, Du Contrat social, Rousseau



Le Souverain, donc le corps politique en tant qu’il est actif, ne peut violer l’acte du contrat qui l’a institué.

De plus, attaquer une partie du corps politique, c’est attaquer le corps politique dans son ensemble, et réciproquement.

Enfin, quand les intérêts personnels divergent de l’intérêt commun, alors on est en droit de contraindre celui qui s’y oppose : « ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre ».
 

>> Résumé Chapitre VIII - De l’état civil, Du Contrat social, Rousseau



Le passage de l’état de nature à l’état civil entraîne plusieurs changements :

  • L’instinct est remplacé par la justice
  • Les actions dénuées de moralité ont désormais une moralité.
  • L’homme écoute sa raison plutôt que ses penchants.


Rousseau parle de cet « instant heureux » qui « d’un animal stupide et borné, fit un être intelligent et un homme. »

Deux types de liberté sont alors distingués :

  1. La liberté naturelle, qui n’a pour bornes que les forces de l’individu.
  2. La liberté civile, qui a pour limites la volonté générale.


Il faut aussi établir une autre distinction entre la possession, faite par la force, et la propriété, qui est elle légitime et réglée par le droit.
 

>> Résumé Chapitre IX - Du domaine réel, Du Contrat social, Rousseau



Dans le cas d’un nouveau terrain, il existe un droit du premier occupant, qui répond en général à trois conditions :

  1. Le terrain n’est habité par personne.
  2. Celui qui le revendique ne prend que la quantité qui lui est nécessaire.
  3. Il doit en être pris possession par le travail et la culture, qui sont des signes de propriété



Rousseau conclut le Livre I du Contrat social en soulignant que l’égalité naturelle des hommes n’a pas été détruite ; mais elle a été remplacée par une autre égalité, qui est une égalité morale et légitime.

Tandis que la nature pouvait donner à voir des inégalités « en force ou en génie », le contrat social établit une égalité par « convention et de droit ».

 

En lien avec la Démocratie :

-> Critiques et défauts de la démocratie

 

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