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New York - Louis-Ferdinand Céline

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 12 mai 2018

Dans Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline nous livre cette expression restée célèbre :

"New York c’est une ville debout".

La ligne verticale est la caractéristique de New-York : "debout", "droite", "raide".

Au contraire des autres villes, qui sont horizontales : "couchées", "s'allongent", "pâmait".

 

Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et desbelles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit

 

 

 

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Le cœur du Ventre de Paris - Emile Zola

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 12 mai 2018

Le Ventre de Paris, publié en 1873, offre avec abondance des descriptions de la ville de Paris.

En voici une, relevée au chapitre 1 :

« Maintenant il entendait le long roulement qui partait des Halles. Paris mâchait les bouchées à ses deux millions d’habitants. C’était comme un grand organe central battant furieusement, jetant le sang de la vie dans toutes les veines. Bruit de mâchoires colossales, vacarme fait du tapage de l’approvisionnement, depuis les coups de fouet des gros revendeurs partant pour les marchés de quartier, jusqu’aux savates traînantes des pauvres femmes qui vont de porte en porte offrir des salades, dans des paniers. »

Émile Zola. Le ventre de Paris.

 

Les Halles de Paris y sont le lieu clé. Elles apparaissent monstrueuses, et deviennent presque une personne à part entière, ou comme mis en gras ci-dessus, un cœur vivant.

Comme le titre de l'ouvrage l'indique, le marché et les nourritures y sont très présents. Ici, on aimera la disproportion présentée par Zola : discuter un quart d'heure pour un sou.

« Du pavillon à la chaussée, le va-et-vient des hottes s’animait, au milieu des têtes cognées, des mots gras, du tapage des voix s’enrouant à discuter un quart d’heure pour un sou. Et Florent s’étonnait du calme des maraîchères, avec leurs madras et leur teint hâlé, dans ce chipotage bavard des Halles. »

Émile Zola. Le ventre de Paris.

 

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Comment Schopenhauer renvoie les philosophes sur l'amour

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 09 mai 2018

 

Schopenhauer est un penseur indépendant.

Il le prouve une fois de plus en écartant tour à tour les conceptions philosophiques de l'amour de ses prédécesseurs.

Sont ainsi évacuées les analyses de (les noms ont été mis en gras dans le texte) :

  • Platon
  • Rousseau
  • Kant
  • Platner
  • Spinoza

Ce sont autant d'auteurs vers qui nous vous renvoyons pour creuser davantage ce thème de l'amour.

On ne peut donc douter, d'après les faits que je viens de rappeler, ni de la réalité ni de l'importance de l'amour ; aussi, au lieu de s'étonner qu'un philosophe n'ait pas craint, pour une fois, de faire sien ce thème éternel des poètes, devrait-on s'étonner plutôt qu'une passion qui joue dans toute la vie humaine un rôle de premier ordre n'ait pas encore été prise en considération par les philosophes et soit restée jusqu'ici comme une terre inexplorée. Celui qui s'est le plus occupé de la question, c'est Platon, surtout dans le Banquet et le Phèdre : mais tout ce qu'il avance à ce sujet reste dans le domaine des mythes, des fables et de la fantaisie, et ne se rapporte guère qu'à la pédérastie grecque. Le peu que dit Rousseau sur ce point dans le Discours sur l'inégalité est faux et insuffisant. Kant traite la question, dans la troisième section de son écrit Sur le sentiment du beau et du sublime ; mais son analyse est superficielle, faute de connaissance du sujet, et se trouve ainsi en partie inexacte. Quant à l'examen qu'en fait Platner dans son Anthropologie (§§ 1347 et suiv.), chacun le trouvera faible et sans profondeur. La définition de Spinoza mérite d'être rapportée pour son extrême naïveté, ne serait-ce que par plaisir : « Amor est titillatio, concomitante idea causæ externæ. » [L'amour est un chatouillement, accompagné de la représentation d'une cause extérieure] (Éthique, IV, proposit. XLIV, dem.) On voit que je n'ai ni à me servir de mes prédécesseurs, ni à les combattre. Le sujet s'est de lui-même imposé à moi et est venu prendre place dans l'ensemble de ma conception du monde. Je ne peux guère compter d'ailleurs sur l'approbation de ceux mêmes que cette passion domine et qui cherchent à exprimer la violence de leurs sentiments par les images les plus sublimes et les plus éthérées : ma conception de l'amour leur paraîtra trop physique, trop matérielle, si métaphysique et si transcendante qu'elle soit au fond. Qu'ils veuillent bien considérer au préalable que l'objet chéri qui leur inspire aujourd'hui des madrigaux et des sonnets, s'il était né dix-huit ans plus tôt, aurait à peine obtenu d'eux un regard.

Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, Chapitre « XLIV : MÉTAPHYSIQUE DE L'AMOUR »

 

 

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